Bonsoir à tous,  Je présente mes excuses auprès de mon inconnue du jour pour la longue attente avant la publication de son portrait. J'a...


Bonsoir à tous, 

Je présente mes excuses auprès de mon inconnue du jour pour la longue attente avant la publication de son portrait. J'ai gardé la même accroche qu'avant le Covid, et parfois j'oublie de préciser que je ne fais plus ces interviews tous les jours, mais une à deux fois par semaine. Et comme notre rencontre remonte à une semaine, je ne sais plus si je lui ai parlé du délai entre notre rencontre et son portrait sur le blog. 
Pour vous donner le contexte de cette interview, j'ai décidé cette fois de monter dans le tramway et d'attendre de voir qui s'installerait en face de moi ... En général, il faut vraiment que le tram se remplisse pour que quelqu'un se mette en face de moi, haha ! C'est comme ça que, sans soupçonner ce qui allait lui tomber dessus, mon inconnue s'installa devant moi.

Je vous présente, avec un peu de retard, Adeline 25 ans.

Dans la vie Adeline est apprentie fleuriste : " Je suis actuellement en CAP; suite à une reconversion. Ce que je faisais avant cette reconversion ? J'étais en Licence de Lettres Modernes, mais à cause du peu de débouchés j'ai décidé de me réorienter. A la base j'aime la littérature, et je souhaitais faire un métier dans le professorat mais ces études m'ont épuisée. Donc en me questionnant sur mes choix, mes envies, je me suis rendue compte que j'avais besoin d'un métier avec un peu plus de valeurs humaines. Le cadre du professorat était pour moi trop strict et j'ai trouvé que cela m'avait empêchée de m'épanouir. J'ai terminé cette licence en 2020 alors j'ai profité des périodes de confinement pour faire de la remise en question et me requinquer physiquement après cette licence qui m'avait demandé tellement d'énergie. 
Donc comme j'aime aussi les fleurs, j'ai fait des recherches dans le monde des fleuristes : contact et créativité sont des choses qui me parlaient : j'ai décidé de tenter ma chance. " 

Donc parle moi de cette expérience de CAP Fleuriste : " Fleuriste est un chouette métier mais le cadre professionnel est compliqué pour moi. 
- Comment ça ? 
- En fait je suis autiste apserger avec une comorbidité TDAH (trouble de l'attention) et ce handicap non-visible n'est pas toujours bien compris des employeurs. 
J'interromps mon interview et je précise à Adeline que je ne retranscrirai pas tel quel.
"Ah  ! Mais je n'ai aucun souci avec ça, au contraire ça permettra aux autres de comprendre ce que c'est et de mettre en lumière ma différence ! " (rires)

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier de fleuriste ?
" Quand on pense fleuriste, on pense création florale, mais en fait ce n'est qu'une petite partie du métier. On fait surtout de l'orientation auprès des clients et de la vente. Et on apporte du conseil pour des mariages, des enterrements... humainement c'est très riche. " 

Mis à part son métier Adeline aime danser - elle a pratiqué la danse classique à l'age de 14 à 19 ans : " J'aime aussi écrire et le tricot et le crochet. Pour l'écriture, j'écris un roman actuellement : lentement mais surement. (rires) Et pour le tricot ça me fait du bien, ça me détend... d'ailleurs j'ai des amis qui ont un bar et j'aime tricoter dans ce lieu ; ce qui parfois créé des réactions rigolotes car les gens trouvent ça amusant de me voir tricoter dans un tel environnement. Ça surprend et amuse, donc les gens viennent me parler, ça créé un lien c'est très drôle. " 

Elle n'aime pas la viande - Adeline est végétalienne - et l'injustice : " Je suis de nature très calme mais l'injustice sous toute ses formes me fait sortir de moi et je peux littéralement exploser. " (rires

"Es-tu heureuse aujourd'hui ? 
- Je ne sais pas ! En fait pendant très longtemps j'ai couru après le bonheur et ça me faisait souffrir... Donc aujourd'hui je vis dans le moment présent... A chaque jour suffit sa peine et je savoure chaque petit moment de la journée : l'instant présent ! Et je dois dire que parler avec un inconnu dans le tram est un moment satisfaisant. " (rires)

Le mot de la fin ? 
" S'apporter de l'amour à soi-même, ça met des paillettes... D'ailleurs j’adore les paillettes. " (rires)

Merci Adeline pour ce moment tramway-esque plein de vie, de rires et de confidences, j'espère que nous nous recroiserons.

A.

  Bonsoir à tous,  La semaine dernière, tôt le matin, j'attends sur le quai du tramway de "8 mai" à Rezé et je décide d'ab...

 


Bonsoir à tous, 

La semaine dernière, tôt le matin, j'attends sur le quai du tramway de "8 mai" à Rezé et je décide d'aborder une jeune femme qui entre dans la rame en même temps que moi. Je ne suis clairement pas réveillé, il manque mon café, mais je tente quand même. Au premier abord, mon inconnue du jour me rembarre mais je lui explique le projet : je ne gagne pas ma vie avec ça, je m'intéresse aux gens au hasard ... elle se laisse convaincre simplement.

Je vous présente Claire, 35 ans.

Dans la vie Claire est infirmière depuis 7 ans au CHU mais 11 années au total dans cette belle profession : "Je travaille avec les enfants. En quoi ça consiste, la pédiatrie ? Déjà j'aime par dessus tout prendre soin, mais surtout des enfants : ils sont drôles, mignons, fragiles et c'est ce qui me motive chaque jour pour aller au taf. On prend soin des enfants mais on fait aussi de l'accompagnement auprès des parents, l'un ne va pas sans l'autre !
- Vocation ? 
- Je ne sais pas si infirmière est une vocation, mais ce dont je me souviens c'est que j'ai toujours voulu travailler dans la santé pour prendre soin des gens. "

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier ?
" Je t'ai dit que dans mon métier j'accompagnais les parents : c'est dans les bons et les mauvais moments. On est là aussi dans les mauvais, lors de la perte d'un enfant, on essaie de rendre ça le plus humain possible, afin qu'ils gardent un beau souvenir de leur passage à l’hôpital mais aussi et surtout de leur enfant.
- J'ai déjà interviewé quelques infirmières sur cette ligne tu te doutes, et je leur demande si elles arrivent, lors de la perte d'un patient, à prendre du recul. En général, elles me répondent que dans leur formation on leur apprend à faire la part des choses, mais que sur le terrain c'est plus compliqué. Toi qui travaille auprès d'enfants ça doit être impossible ?
- Impossible c'est bien le mot ! Je chiale au taf quand malheureusement ce genre d’événement arrive." 

Mis à part son métier, Claire aime sortir, profiter de la vie : rire, passer du temps avec ses enfants, son conjoint et sa famille. 

Elle n'aime pas l'intolérance : " Même si on se juge tous ! D'ailleurs je t'ai jugé sans le vouloir quand tu m'as approché. Je me suis dit qu'est-ce qu'il vient me demander lui : argent ? clope ? me vendre un truc..." (rires)

"Es-tu heureuse aujourd'hui ?
- A l'instant T, non pas spécialement ... il est super tôt, je suis un peu stressée mais ça je te raconterai ça peut-être si on se revoit. " (rires)

Le mot de la fin ? 
" Merci ! Comme quoi il ne faut pas se méfier d'un inconnu qui vient nous parler tôt, c'est pas forcément un mauvais moment comme j'ai pu imaginer lorsque tu es venu me parler. " 


Merci Claire pour ton honnêteté sur ton quotidien et j'espère que nous nous recroiserons dans le tramway un de ces jours.


A. 

  Bonsoir à tous,  La semaine dernière fut riche en rencontres : j'ai pris un peu plus les transports, j'en ai donc profité pour fai...

 


Bonsoir à tous, 

La semaine dernière fut riche en rencontres : j'ai pris un peu plus les transports, j'en ai donc profité pour faire un maximum de portraits d'usagers du tram. Nous voici mardi dernier, lorsque je décide d'aborder une jeune femme, réticente au premier abord, qui finit par se laisser convaincre :

Je vous présente Marine, 28 ans.

Dans la vie Marine est assistante pédagogique dans un établissement d'études supérieures non loin du terminus du tram. Forcément, je fais rapidement le lien avec une ancienne inconnu Emma, qui m'avait parlé d'un même genre d'établissement dans lequel elle travaille. Je lui montre le portrait sur mon téléphone : " Ah mais c'est ma collègue ! C'est drôle ça, le monde est petit. " (rires)

Donc revenons au portrait de Marine : " Comme je te disais, je suis assistante pédagogique. En quoi cela consiste ? Et bien je gère l'assiduité des étudiants, la vie scolaire de l'enseignement supérieur, les exams, les emplois du temps, la relation entre les professeurs et les étudiants. J'aime beaucoup ce travail car c'est un métier très humain ; chaque jour je discute, je créé du lien, et c'est valorisant. En plus les étudiants sont sympas et marrants, alors certes pour certains il y a un manque de maturité mais on rigole bien. " 

Je demande à Marine de me parler de son parcours : " J'ai une licence en psychologie, puis après j'ai enchaîné avec un master dans la formation et un stage en école de commerce pour ERASMUS. A la suite de tout ça avec mon copain, nous avions envie de changer d'air et décidé de changer de pays : la Roumanie. Mon copain est roumain, c'est ce qui a motivé notre choix et nous sommes restés 2 ans là-bas. C'était une chouette expérience, le roumain est une langue latine donc pour comprendre certaines choses j'arrivais à me débrouiller et à le parler un petit peu. On a pas mal profité, fait la fête, et puis le Covid est arrivé... On a été confiné en Roumanie à faire du télétravail à 100%, c'était dur. Alors qu'on profitait de la vie, des soirées, on commençait à se faire un cercle d'amis, on a été stoppé net. Tu imagines bien que confinés dans un pays étranger, sans famille, sans proches... le moral n'y était plus et c'est comme ça qu'on a décidé de rentrer en France. " 

Marine me raconte ses expériences professionnelles en Roumanie : " Je faisais plein de petits boulots comme de la traduction par exemple, j'ai aussi bossé pour la hotline de Séphora France. C'est dans ce genre de taf qu'on se dit qu'on a une chance folle en France. En fait je faisais des boulots mal payés d'entreprises qui ont délocalisé leurs centres d'appels, leurs services clients dans des pays où la main d'oeuvre est moins chère. C'est assez 'drôle' comme expérience, d'être de l'autre côté du téléphone et de voir l'envers du décor : se retrouver précaire à l'étranger. "

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier ?
" Pour éviter les arnaques au CPF, l'Etat a mis en place une norme, une certification : QUALIOPI. C'est une certification de qualité qui est très lourde pour les organismes de formation. C'est un audit important qui permet de faire le tri et d'éviter de tomber sur de mauvais centres de formation, ils inspectent tout. " 

Mis à part son métier Marine aime les jeux vidéo - elle joue à Baldur's Gate3 actuellement - regarder des streamers sur Twitch : " Et j'en avais marre de scroller indéfiniment sur mon téléphone donc j'avais besoin d'un truc concret, c'est comme ça que je me suis mise à la course à pieds avec un objectif : les 10km des foulées de l'éléphant. Je suis inscrite et je me prépare en allant courir régulièrement. " 

Elle n'aime pas l'injustice : " Je suis aussi une éternelle râleuse (rires), je suis exigeante car rien ne va ! Un autre truc que je n'aime pas ? Ah, si je sais : je déteste les films MARVEL ! " (rires)

"Es-tu heureuse aujourd'hui ? 
- Oui je pense. Tout va bien dans ma vie privée, et niveau pro ça pourrait aller mieux mais j'essaie de passer au dessus et de me fixer perpétuellement de nouveaux objectifs. " 

Le mot de la fin ? 
" Merci c'était cool même si ça fait bizarre de ne parler que de moi. " (rires)

Merci à toi Marine, passe le bonjour à Emma et j'espère que nous nous recroiserons prochainement dans le tram.


A.

  Bonsoir à tous, La semaine dernière je me suis dit que j'allais aborder la première personne que je verrais dans la rame seul(e). Lors...

 


Bonsoir à tous,

La semaine dernière je me suis dit que j'allais aborder la première personne que je verrais dans la rame seul(e). Lorsque je suis monté dans le tram, il était vide : pas de bol. Mais au même moment que j'entrais dans la rame, un homme m’emboîtait le pas. 

Je vous présente Raphaël, 50 ans.

Dans la vie mon inconnu du jour est maçon : " J'adore mon métier, je suis artisan ! Je ne fais plus de gros oeuvre je suis dans la rénovation principalement. Qu'est ce qui me plait dans mon métier ? J'aime résoudre des soucis, en fait je fais de la rénovation mais principalement des chantiers où il y a des problématiques : les chantiers compliqués, c'est moi qu'on appelle. (rires) Je trouve que c'est ce qu'il y a de plus valorisant dans mon métier, cette relation client quand tu es le seul à pouvoir résoudre leur souci. " 

Je connais un peu déjà la réponse à ma prochaine question car ce n'est pas la première personne qui travaille dans le bâtiment que j'interviewe, néanmoins je lui pose la question : "Est-ce que c'est difficile comme métier : maçon ? 
- Oui, physiquement c'est dur. Le dos est douloureux, le cœur fatigue plus vite ... Tu sais, j'ai tiré sur la corde, que ce soit pour le travail ou les trucs perso : drogue, alcool. (rires) A une époque je bossais 7 jours sur 7, après je me suis interdit de travailler le dimanche, puis le samedi et maintenant je me prends une journée supplémentaire de repos dans la semaine. J'ai pris conscience que ma santé est importante, donc je ralentis ... Après, je perds de l'argent en faisant ça mais je commence à apprendre à vivre avec moins de choses pour que ce soit moins dur plus tard. "

Je demande à Raphaël de m'apprendre un truc sur son métier et je vois bien qu'en lui posant cette question ça éveille un truc chez lui : " C'est pas mal, ta question que je t’apprenne un truc sur mon métier. Laisse moi 2 seconde, je réfléchis un peu - ah ! je sais. Sais-tu ce que c'est la résistance mécanique ? 
- Euh, non. (rires)
- Sur une poutre métallique, il y a 2 forces principales : la traction (partie basse de la poutre) et la compression (partie haute de la poutre). On essaie de reprendre, de trouver des idées pour pallier cette tension afin de reprendre tous les efforts. "

Mis à part son métier, mon inconnu aime passer du temps avec ses enfants - même s'il m'indique qu'ils sont grands : " Et il y a 2 ans j'avais un peu d'argent de côté et j'ai décidé de réaliser un truc que j'avais en tête depuis des années : m'acheter des legos ! (rires
Je n'achète pas les boites toutes faites, mais j'aime construire des choses ; on appelle ça des moc. Je créé des choses par moi même comme des œuvres architecturales, des pièces Star Wars ... C'est mon petit plaisir, construire mais différemment que dans mon métier. 
J'aime aussi la philosophie, j'aime réfléchir et les lectures philosophiques. " 

Il n'aime pas : " Je n'aime pas ma médiocrité ! Je suis le reflet de l'Humanité et donc parfois je me dis que je vaux pas mieux que les autres alors que si on se prenait tous en main on pourrait changer beaucoup de choses. Le Monde d'aujourd'hui me fatigue, et je ne te parle pas de Politique qui m’exaspère et m'indigne ; mais j'essai de rester positif. "

"Es-tu heureux aujourd'hui ? 
- ça va ! J'ai dormi chez une amie que je n'avais pas vu depuis longtemps ... j'ai mieux dormi que d'habitude et cet instant présent en ta compagnie est plutôt pas mal, donc ça va. " (rires

Le mot de la fin ? 
" Merci ! J'espère qu'on se reverra. " 

Merci à toi Raphaël, j'espère aussi que nous nous recroiserons.


A.

  Bonsoir à tous, La semaine dernière je comptais prendre le tram vendredi, mais n'étant pas en grande forme je suis resté au lit, donc ...

 


Bonsoir à tous,

La semaine dernière je comptais prendre le tram vendredi, mais n'étant pas en grande forme je suis resté au lit, donc je n'aurais pu vous présenter qu'un seul inconnu. Bref, je suis de retour à peu près en forme, même si je traîne une vieille toux depuis quelques jours ... Cette toux qui donne l'impression aux gens autour que je suis un vieux fumeur qui clope depuis 50 ans de la Gitane Maïs ... vous avez l'image et le bruit de ma toux ? hahaha ! 
Sans transition, j’enchaîne avec l'inconnu du jour, inconnu qui a attiré mon regard vu son élégance. 

Je vous présente Théo, 27 ans. 

Dans la vie mon inconnu du jour travaille dans... : " Actuellement je bosse dans rien du tout ! (rires) Je me repose et je prends le temps. Je suis cuisinier, le restaurant dans lequel je bossais a fermé : liquidation judiciaire. Ce n'était pas mon établissement donc je ne le prends pas mal, c'était une chouette expérience.  J'y étais depuis l'ouverture, donc j'ai eu un petit pincement au cœur quand la patronne nous a expliqué sa situation. Mais comme la restauration ça n'est pas une voie professionnelle en tension, je me permets de prendre un peu de vacances avant de reprendre le chemin des fourneaux. " (rires)

Je demande à mon inconnu du jour de me parler de son parcours professionnel : " A la base j'ai une formation scientifique : Bac STL, puis j'ai enchaîné avec un BTS en métiers de l'eau.
- C'est pour faire quoi ce BTS ? 
- Tout ce qui attrait en assainissement/épuration de l'eau, mais j'ai loupé mon BTS. C'était difficile et je travaillais en parallèle au Mc Do pour payer mes études, ce qui ne m'a pas aidé pour bosser mes cours. Donc comme on s'y éclatait bien, après mon l'échec de mon BTS j'ai continué dans la restauration rapide. Il faut savoir que je faisais mes études dans le Sud-Ouest, et qu'à un moment j'ai eu envie de changer d'air, j'ai eu envie de repartir de zéro, et ma maman habitant Nantes je suis venu y passer quelques jours. Je ne savais pas trop dans quoi bosser et j'ai vu passer une annonce pour un job dans ce restaurant de burgers, j'ai postulé, j'ai été embauché et donc je suis resté à Nantes. " 

Je demande à Théo pourquoi avoir choisi la restauration ?
" Déjà j'avais une grosse expérience grâce au Mc Do et même si ça reste de la restauration rapide, j'aime bien travailler avec mes mains, être actif, et la satisfaction de faire plaisir aux gens. "

Je me souviens d'un ancien inconnu qui m'avait raconté son expérience, parfois violente, de FastFood je profite d'avoir Théo en face de moi pour m'enquérir de son ressenti : "Franchement, parfois c'est dur mais c'est formateur ... Il y a des clients bêtes, voire très bêtes ... il y a clairement pour certains un manque de respect total envers les employés de la restauration rapide. Des anecdotes, j'en ai des tonnes ; ça va du client qui vient se plaindre de sa glace qui est trop froide, au client accompagné de son enfant qui te pointe du doigt et qui dit : " Tu vois si tu travailles pas bien à l'école tu finiras ici ! " 
- C'est violent ! Mais effectivement ça me revient l'ancien inconnu m'avait aussi raconté ce même genre d'anecdote. 
- Ce n'était pas à moi que c'était destiné mais un collègue, et il avait répondu au client : ' j'ai un bac+5 et je travaille ici pour financer mes études, y a rien de honteux là-dedans, si ? ' 

Mis à part tout ça je demande à Théo ce qu'il aime faire ?
" Je suis quelqu'un d'assez casanier, j'aime être chez moi à lire (mangas/romans), passer du temps sur mon pc, j'aime passer du temps avec mes amis, faire du basket et du volley. 
Et j'aime la musique, je ne conçois pas une journée sans en écouter ! C'est vital ! " (rires)

Il n'aime pas les épinards, le chou blanc, être pris pour un con (rires), qu'on le force à faire quelque chose, et les injustices : " Il n'y a rien de plus révoltant que l'injustice ! Je suis quelqu'un de posé, respectueux, mais dès que je vois une injustice c'est plus fort que moi faut que j'y aille !! " (rires)

"Es-tu heureux aujourd'hui ?
- Je dirais pas heureux ; je suis libre de faire ce que je veux ... je suis bien dans mes baskets.
- Qu'est-ce qu'il te manquerait alors pour être vraiment heureux ? 
- Je pense qu'il me faudrait aujourd'hui une certaine liberté financière? Ce n'est pas que je galère du tout, mais dans un coin de ma tête j'ai toujours une petite pensée pour mes finances. J'aimerais avoir un salaire qui me permette de ne plus me poser de questions ... Je ne souhaite pas être riche non plus, hein ! " (rires)

Le mot de la fin ? 
" Respect ! Le respect des uns et des autres pour vivre mieux ensemble. " 

Merci Théo et au plaisir de se recroiser dans le tramway.


A.



  Bonsoir à tous, Il y a une semaine, j'ai rencontré mon inconnu du jour. En général, j'écris plus rapidement que cela, mais mon ord...

 



Bonsoir à tous,

Il y a une semaine, j'ai rencontré mon inconnu du jour. En général, j'écris plus rapidement que cela, mais mon ordinateur en a décidé autrement. Alors que j'ai laissé mon ordi se mettre en veille lundi soir, à mon retour, il n'en est jamais ressorti... Je vous passe les détails des nuits à essayer de comprendre ce qu'il se passait, démonter, remonter, oublier des choses, démonter et remonter à nouveau... Je n'avais plus les idées claires et je faisais des erreurs en rebranchant tout cela, car j'étais énervé, fatigué... Bref, après une semaine, je suis de retour, mon PC fonctionne de nouveau, je peux donc écrire les interviews et rejouer à Call of Duty: Warzone, lol.

Je vous présente Mohamed, 29 ans.

Dans la vie, Mohamed est cariste : "Ça fait 6 mois que je suis cariste, avant j'étais préparateur de commandes. J'ai eu l'opportunité de devenir cariste, j'ai donc passé la formation CACES niveau 3 pour conduire les chariots élévateurs. Si j'aime mon métier ? Oui ! Je prends plaisir à travailler, on n'a pas de pression, pas de quotas à remplir, donc j'aime mon travail, surtout que je le fais dans ces conditions : c'est zen !" (rires)

Mohamed s'excuse d'avoir quelques incompréhensions avec certains mots et m'explique qu'il est guinéen. J'en profite pour lui demander s'il accepte de me raconter son parcours personnel : "Oui, ça ne me dérange pas. Je suis donc arrivé en France en 2018. J'ai dû quitter la Guinée pour des raisons qui me sont personnelles, et malheureusement, j'ai dû tout quitter : amis, familles et travail. Je faisais de la maintenance sur des machines qui servent à extraire du bauxite... Je ne pouvais pas rester, c'était dangereux. Je suis d'abord arrivé en Île-de-France, c'était compliqué, ce climat (rires), il fait froid et vous, les Français, vous n'êtes pas chaleureux... ici, dire bonjour à des inconnus, on dirait que c'est une insulte. J'avais une connaissance à Nantes qui m'a incité à venir ici, mais à mon arrivée, impossible de le joindre... donc, une fois de plus, j'avais quitté le peu que j'avais pour venir à Nantes, et je me retrouve seul, isolé et sans logement, merci le faux plan. Me voilà à appeler le 115 pour essayer d'avoir un hébergement d'urgence." Je vois bien que Mohamed ne souhaite pas tout me raconter, je n'insiste pas... après tout, c'est son histoire, je ne fais pas dans le voyeurisme.

Je demande à Mohamed de me parler de son métier et de m'apprendre quelque chose : "Le matin, le premier truc que je fais, c'est vérifier la machine que je vais utiliser pour m'assurer que le chariot élévateur n'a aucune défaillance : vérification de la batterie, des pneumatiques, des pales et vérification que le contrôle technique est à jour. Je fais ça chaque matin, on ne rigole pas avec la sécurité."

Mis à part son métier, mon inconnu du jour aime passer du temps avec ses amis, faire du sport - musculation et il aime les sneakers : "J'ai remarqué que tu avais des Jordan XI ! (rires) Moi j'aime la Jordan 5."

Il n'aime pas la malhonnêteté, le mensonge : "et je n'aime pas être pris pour un con !" (rires)

"Es-tu heureux aujourd'hui ? - Oui, je n'ai pas à me plaindre même si je suis loin de mes proches et que parfois ça peut être difficile... je me dis qu'il y a des situations bien pires que la mienne : j'ai la santé, donc c'est le principal. Et puis en Guinée, on dit souvent que tu peux être millionnaire, mais si tu n'as pas la santé, ça ne sert à rien : une belle et longue vie, c'est ça la vraie richesse."

Le mot de la fin ? "Super sympa de parler avec un inconnu ! Merci."

Merci à toi, Mohamed, et j'espère que nous nous recroiserons un jour dans le tram.


A.



Update : J'ai reçu un message de mohamed aujourd'hui, sur instagram, qui m' ademandé si c'était possible qu'on ne voit plus son visage pour des raisons de sécurité ... Ce que je comprends tout à fait, je ne souhaites porter préjudice à personne. 

  Bonjour à tous, Vendredi dernier, je suis allé au travail en tramway. Je pensais réaliser deux interviews (une le matin et une le soir), m...

 


Bonjour à tous,

Vendredi dernier, je suis allé au travail en tramway. Je pensais réaliser deux interviews (une le matin et une le soir), mais il faisait clairement trop froid à 6h ! J'ai donc opté pour une seule interview sur le chemin du retour. En entrant dans la rame, j'aperçois une jeune femme seule, je file me mettre en face d'elle.

Je vous présente Morgane, 34 ans.

Dans la vie, Morgane est technicienne de laboratoire : "Je suis sortie des études il y a 12 ans et ça fait 10 ans que je suis dans l'entreprise dans laquelle je travaille. J'aime mon métier ! Je fais de la recherche et développement (R&D), et c'est clairement ce qui me passionne tous les jours. En quoi ça consiste ? Et bien, je mets en place de nouvelles méthodes et je forme les collègues à celles-ci. Et puis j'aime aller au travail pour l'ambiance, c'est vraiment important de travailler dans la bonne humeur."

N'ayant pas rencontré de laborantine depuis le Covid, je lui demande si cela n'a pas été compliqué toute cette période un peu folle : PCR, etc... "Ah, mais nous ne sommes pas un laboratoire comme ça : on réalise des études cliniques pour des compléments alimentaires, des analyses très précises... On ne reçoit pas des gens pour des analyses de sang, donc clairement on a été épargné. Par contre, on a réalisé des analyses pour des validations de kits de tests Covid. Tu vas rire, mais mon métier consiste à analyser les selles d'humains et comprendre ces prélèvements : extraction d'ADN, séquençage, etc."

Je demande à Morgane de me parler de son parcours, vu que son métier a l'air d'être une vocation. Comment a-t-elle su que c'est ce qu'elle voulait faire ? "Plus jeune, je voulais être pharmacienne, mais c'est au lycée en cours de chimie que pour moi ça a été le déclic ! Et après, quand j'ai découvert la biologie moléculaire, c'était une évidence."

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier ? "Le séquençage. Pour faire simple et pas trop barbant pour toi (rires), il en existe 2 types : 16S et Shotgun. Le 16S, c'est une région ciblée de l'ADN des bactéries, et le SHOTGUN, c'est quantifier tous les champignons, levures, moisissures, virus."

Mis à part son métier, elle aime sortir et boire des coups. À une époque, elle a fait du foot, a regardé des séries TV et a voyagé : "Mon dernier voyage ? Valence. Mon prochain voyage ? Malte normalement."

Elle n'aime pas la ratatouille, les gens qui ne tiennent pas leur parole et les conflits : "Je suis quelqu'un qui fait tout pour éviter les conflits."

"Es-tu heureuse aujourd'hui ? - Oui ! J'ai une copine, je suis heureuse ! Bon, j'ai galéré et je me suis accroché pour la séduire... ça n'a pas été simple, mais j'y suis arrivée, et le résultat est là, nous sommes ensemble et heureuses. (rires) Et aucune raison d'être malheureuse, car au niveau pro et perso tout va bien."

Le mot de la fin ? "Très sympa cette rencontre, je n'avais pas imaginé un jour mon trajet de retour comme ça ! C'est quand même plus sympa de parler à un inconnu dans le tram que de mater ma série sur mon téléphone : merci !"

Merci à toi, Morgane, et au plaisir de se recroiser dans le tramway.

A.


Bonsoir à tous, Nous y sommes, c'est la dernière interview de 2023... Je ne pouvais pas terminer cette année sans une dernière rencontre...



Bonsoir à tous,

Nous y sommes, c'est la dernière interview de 2023... Je ne pouvais pas terminer cette année sans une dernière rencontre avec un(e) anonyme avant mes congés.

Je vous présente Lise, 20 ans.

Lise est étudiante : "Je poursuis des études pour devenir hôtesse de l'air. C'est un Bachelor de 3 ans suivi d'une formation de 2 mois, et c'est ma dernière année.
- Tu peux m'en dire plus sur ta formation ? C'est la première fois que j'interviewe une étudiante dans cette filière.
- Oui, bien sûr. Donc, comme je te l'ai dit, c'est un cursus de 3 ans, divisé en deux parties : une partie théorique et une partie pratique. J'ai déjà validé ma partie théorique, et je passerai à la partie pratique en 2024. Comment j'ai eu envie de faire ce métier ? C'est simple, je suis partie en voyage à 17 ans en Martinique, et j'ai pris un vol long courrier. Ça a été un déclic. Prendre l'avion a été une expérience incroyable, ça m'a fascinée, et savoir que les hôtesses de l'air voyagent à travers le monde tout en étant rémunérées m'a fait réaliser que c'était ça que je voulais faire comme métier."

Je lui demande d'en apprendre davantage sur ses études : "Le pilotage budgétaire. C'est une matière qu'on nous enseigne et que je déteste ! (rires) Ce ne sont que des calculs : les bénéfices, la trésorerie, du budget... Ça n'a rien à voir avec mon futur métier et clairement, ce n'est pas ma tasse de thé." (rires)

Ne connaissant pas ce milieu professionnel, je lui demande comment ça se passe après ses études, si c'est un milieu saturé au niveau des opportunités professionnelles ?
"Je ne dirais pas que c'est saturé, mais il faut attendre les sessions de recrutement des compagnies aériennes... Ce ne sont pas des offres d'emploi classiques ! Après l'obtention du diplôme, c'est à toi de démarcher les compagnies et de postuler lors de ces campagnes de recrutement : tu dois te vendre !"

Mis à part son futur métier, mon inconnue du jour aime passer du temps en famille et avec ses proches, ainsi que faire du shopping : "Que ça aille bien ou mal, le shopping est mon remède à tout ! Et j'aime voyager. Prochaine destination ? Le Sri Lanka, où je vais effectuer un stage dans une agence de voyage pendant 6 mois dans le but de devenir bilingue."

Elle n'aime pas les brocolis et les menteurs : "Même si nous avons tous menti une fois dans notre vie, pour moi, le mensonge équivaut à une trahison."

"Es-tu heureuse aujourd'hui ?
- Oui, j'aime ce que tu fais... Ça me met de bonne humeur, ça casse ma routine car d'habitude, j'aurais mis mes écouteurs, aurais fait défiler mon téléphone. Franchement, ça fait du bien."

Le mot de la fin ?
"Bonne Année à tous et laissez-vous interpeller par Allan, c'est que du positif, il ne faut pas refuser."

Merci, Lise, pour ta bonne humeur. C'était une belle rencontre, j'espère que nos chemins se recroiseront.

A.

P.S : Je n'en reviens toujours pas d'avoir repris ce projet cette année, que vous ne m'ayez pas oublié malgré 3 années de pause et que vous soyez toujours plus nombreux à venir découvrir chaque soir un(e) nouvel(le) inconnu(e). Certes, je publie de façon moins régulière, mais j'espère que ce format hebdomadaire avec une à deux rencontres vous plaît ? N'hésitez pas à m'envoyer des messages ou des commentaires pour échanger sur ce format.

Merci.

  Bonsoir à tous,  La semaine dernière j'ai tenté de prendre la ligne 1 pour trouver l'inconnu(e) du jour mais j'ignore pourquoi...

 


Bonsoir à tous, 

La semaine dernière j'ai tenté de prendre la ligne 1 pour trouver l'inconnu(e) du jour mais j'ignore pourquoi, je ne le sentais pas ... me restait cette sensation que ça n'allait pas se faire sur cette ligne. J'ai attendu, observé mais l'envie n'est pas venue. Donc tant pis, je me suis dit qu'après une journée de taf je trouverais l'inconnu sur le chemin du retour. Donc sur le retour me voilà dans le tramway, je vais pour m'asseoir en face d'un inconnu et je croise un regard, une tête que je connais : Eva, une ancienne inconnue rencontrée sur cette même ligne de tram. On se salue, et elle comprend que je m’apprête à interviewer un jeune homme en face de moi. 

Je vous présente Tristan, 29 ans.

Dans la vie Tristan est ingénieur informatique de formation : "C'est ma formation initiale mais je souhaite me reconvertir ! A la base je suis développeur web, ma première expérience pro dans ce domaine c'était mon alternance mais je trouve que cela s'est mal passé car j'étais dans une start-up. Alors pour certains c'est chouette ce genre de boites, mais pas pour moi : on est peu nombreux, on te demande énormément d'investissement pour peu - voire pas - de retours ni de reconnaissance. C'est le genre d'expérience qui te fait te remettre en question et c'est ce qui s'est passé dans mon cas. 
De plus, j'étais en ' full télétravail ' donc aucun contact avec des gens... Encore une fois pour certains c'est top mais pour moi, vu mon parcours personnel, cela ne m'a pas aidé à continuer dans l'informatique : être coupé de toute vie sociale c'était compliqué. J'avais besoin de revenir aux fondamentaux : le contact humain." 

Je ne peux pas en rester là, j'ai besoin de savoir déjà ce qu'il fait maintenant et quel est son parcours personnel qu'il vient d'évoquer, je lui demande :  "J'ai pas mal voyagé, pas mal rencontré de monde et avant ça j'ai fait pas mal de petits boulots, dont celui de serveur. Donc pour le moment je suis de nouveau serveur et ça me plait ... j'ai besoin de rencontrer des gens, cela m'est vital. (rires)
Il n'y a pas de sous-métier, tout n'est pas qu'une question de salaire : j'avais besoin d'un job qui a du sens !" 

Mis à part son métier, Tristan aime faire du sport : il pratique la course à pied et le paddle : " Et voyager ! Je suis de Nouvelle Calédonie, j'ai vécu 2 an et demi au Cameroun quand j'avais 7 ans, 1 année en France et à nouveau la Nouvelle Calédonie jusqu'au BAC. Après c'est compliqué les études supérieures là-bas, car il n'y a qu'une grande école mais pas toute les options et toutes les filières, donc j'ai été obligé de revenir en Métropole. 
Si je regrette ? Pas du tout c'est chiant de vivre sur une île ! (rires) Y a rien à faire on tourne en rond, et l'avion est hors de prix... Pour les vacances c'est génial, paradisiaque mais y vivre ce n'est pas pareil !! 
- Ton prochain voyage ? 
- Avec ma copine on prévoit pour 2025 la Nouvelle Zélande à pied : Te Araora, un trek de 3 à 4 mois. "

Il n'aime pas la moutarde, le saumon : " et un truc qui m'insupporte : les gens qui ne te laissent pas descendre du tram ! Ah, ils sont relous à faire ça. " (rires)

Je demande à mon inconnu du jour s'il est heureux, tout de suite maintenant : " Oui je pense ! C'est un truc qui m'arrive rarement : parler à un inconnu ! Et je dois dire que c'est plutôt agréable. " 

Le mot de la fin ? 
" Merci d'être venu me voir, c'est inspirant ton truc ! " 

Merci Tristan c'était aussi très inspirant ton parcours, ta vision de la vie ... J'espère que nous nous recroiserons.


A.




  Bonsoir à tous, Je suis un peu en retard pour la publication, le portrait d'Alie s'étant glissé entre deux interviews, celui de mo...

 


Bonsoir à tous,

Je suis un peu en retard pour la publication, le portrait d'Alie s'étant glissé entre deux interviews, celui de mon inconnue du jour a quelques jours de retard... J'espère qu'elle ne m'en voudra pas trop ! Donc, après avoir été refusé par un jeune homme dans le tramway pour motif de "la photo me gêne", j'ai décidé de sauter dans un autre tram. J'ai aperçu une femme derrière l'aubette du tramway, j'ai décidé de l'aborder : "Je ne prends jamais le tram et il faut que ça tombe sur moi !" (rires)

Je vous présente Emilie, 42 ans.

Dans la vie, Emilie est professeure des écoles : "En maternelle plus précisément ! - Depuis longtemps ? - 10 ans. Avant cela, j'étais CPE dans un collège/lycée. J'ai toujours voulu être professeure des écoles, mais pour différentes raisons, je n'ai pas emprunté cette voie professionnelle tout de suite. Ainsi, j'ai commencé ma carrière en tant que CPE, puis plusieurs années plus tard, j'ai fini par reprendre un MASTER par correspondance et pris une disponibilité d'un an (définition de la disponibilité : ici) afin de préparer le concours. C'est réellement une vocation ! Depuis toute petite, je jouais à la maîtresse et c'était mon rêve d'exercer ce métier."

Je lui demande de m'apprendre quelque chose sur son métier : "Chaque jour est différent, on ne peut jamais prévoir à 100%... Je suis avec des enfants de petite section, donc clairement, on s'adapte tout le temps. Mais c'est ce qui est sympa car on ne s'ennuie jamais. On s'occupe de petits humains et physiquement, il faut que le corps suive, mais chaque année est une page blanche à écrire avec eux et c'est ce que j'aime."

Emilie aime passer du temps en famille avec ses enfants, pratiquer le yoga et la course à pied.

Elle n'aime pas les inégalités, l'intolérance, le racisme et l'injustice : "Je sais que ça fait un peu cliché, mais clairement, ce sont des choses que je n'aime pas du tout !"

"Es-tu heureuse aujourd'hui ? - Oui ! J'ai construit, je pense, la vie que j'avais envisagée et espérée plus jeune, donc clairement, je me considère privilégiée de cela... De plus, tout va bien dans mon entourage... Je garde toujours à l'esprit une petite réflexion personnelle sur mon avenir, cela me permet de ne rien prendre pour acquis et d'avoir des projets. Ce qui ne va pas et bien, c'est à moi de faire en sorte de le changer, de l'anticiper !"

Le mot de la fin : "Merci pour cet échange ! Je suis un peu déçue tu ne m'as même pas posé de question sur mon accent, je suis déçue ! (rires) Je viens de Toulouse, nous sommes à Nantes depuis 2013."

S'en est suivi un débat animé avec mon inconnue sur un sujet assez clivant : "pain au chocolat ou chocolatine ? - je suis pour 'pain au chocolat', elle est pour 'chocolatine' ! Et vous, quelle école suivez-vous ? Hahaha !!"

Merci pour ce moment tramway-esque et j'espère que nous nous recroiserons un jour.

A.




  Bonsoir à tous,  Cette fois-ci, je n'ai pas observé, j'ai simplement foncé dans le tram et me suis assis en face de quelqu'un ...

 


Bonsoir à tous, 

Cette fois-ci, je n'ai pas observé, j'ai simplement foncé dans le tram et me suis assis en face de quelqu'un au hasard... Comme toujours, l'inconnu(e) du jour est interloqué(e). Je me demande souvent ce qui doit bien se passer dans la tête de mes "victimes" : oui... non... réseaux sociaux... photographie... j'accepte ou pas ? Bref, elle accepte.

Je vous présente Sam, 20 ans.

Dans la vie, Sam est comptable. J'aurais pu penser qu'elle était aussi étudiante comme Clémence, voire même camarade de promo, mais non, elle travaille depuis un an au sein d'une entreprise. Je lui demande de me parler de son métier : "C'est très routinier comme métier, mais c'est ce que j'aime ! (rires) On pourrait croire que le mot 'routinier' est employé de façon négative, mais pour moi, c'est le contraire, ça me rassure. (rires)
- Vocation ? 
- Oh non, pas du tout ! (rires) En fait, je me suis assez laissée porter. J'ai fait un CAP comptabilité, puis sans trop réfléchir, j'ai continué vers un BTS comptabilité et un DCG (Diplôme de comptabilité gestion) que j'ai obtenu en 2 années."

"Et donc, pourquoi avoir choisi la comptabilité ?
- Ah, mais je ne me suis jamais posé cette question ! (rires) En fait, à partir du moment où je suis rentrée en CAP comptabilité, je me suis dit que bon voilà, je vais faire ça. (rires) Je me suis laissée porter tout simplement."

Je lui demande de m'apprendre quelque chose sur son métier :
"Par exemple, aujourd'hui était une journée particulièrement ennuyeuse ! (rires) J'ai passé ma journée à faire des relances, des factures... On est en fin de mois donc clairement, ce sont des journées très chargées. Donc le problème informatique qu'on a eu aujourd'hui, et bien je m'en serais bien passée ! (rires) Sinon, je pourrais t'apprendre que la comptabilité ce n'est pas que des chiffres, c'est aussi beaucoup de raisonnement et de réflexion, c'est ce que j'aime d'ailleurs."

Mis à part son métier, Sam aime lire, écouter beaucoup de musique et faire du sport : "En ce moment, je fais de la gymnastique, c'est sympa. Peut-être que je vais aimer continuer... Je tente plein de choses chaque année pour voir si je trouve un truc qui me passionne.
- Et donc, la gym ?
- Eh bien, c'est sympa. On verra si je tiens l'année entière." (rires)

Elle n'aime pas : "Je n'aime pas les gens qui ne disent pas bonjour quand tu fais le premier pas et tu leur dis bonjour... Franchement, je ne comprends pas, c'est quoi le problème dans répondre à un bonjour !?" (rires)

"Es-tu heureuse aujourd'hui ?
- Oui, mais fatiguée."

Le mot de la fin ?
"C'était vraiment bien, cette discussion avec un inconnu m'a permi d'évacuer mon stress après cette journée difficile... Tu as raison, les gens ont besoin de parler, et encore plus avec un inconnu, ça fait du bien. Merci."

Merci à toi, Sam, et au plaisir de se recroiser. On a beaucoup ri pendant cette interview et je t'avoue que ça m'a fait du bien aussi.

A.





 

  Ce soir, une interview un peu particulière, laissez-moi vous raconter tout cela. Peu avant l'été, j'ai été contacté par une jeune ...

 



Ce soir, une interview un peu particulière, laissez-moi vous raconter tout cela. Peu avant l'été, j'ai été contacté par une jeune femme qui se lançait dans une sorte de quête initiatique personnelle à la rencontre des personnes qui l'ont marquée ou accompagnée tout au long de sa vie. À travers une émission radio/podcast, elle s'est lancée dans l'enregistrement de leurs parcours en leur rendant hommage. J'ai eu la chance et le privilège de l'avoir inspirée à un moment de sa vie, et j'en suis touché... C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés et que j'ai pu témoigner à son micro : lien de mon interview : ici.

Je lui ai ensuite proposé un petit crossover entre nos projets, et elle s'est donc prêtée à son tour au jeu de l'interview.

Permettez-moi de vous présenter Alie, 36 ans.

Alie mène une vie bien remplie : "J'accompagne les gens par le toucher, j'enseigne le shiatsu et je propose des ateliers de danse initiative."

J'ai l'impression que la danse est importante pour Alie, donc je lui demande quel type de danse elle enseigne et ce que cela représente pour elle.

"J'enseigne la danse des 5 rythmes, une forme de danse où chacun est libre de bouger comme il le souhaite... Une danse introspective. C'est quelque chose que j'enseigne de manière nomade. En fait, j'ai tout vendu. Mais quand je dis que j'ai tout vendu, je n'avais pas grand-chose à moi, à part ma voiture. (rires) Alors je pars avec mon sac à dos là où l'on veut bien m'accueillir pour enseigner mon art, généralement pour des associations. Pour moi, la danse est un acte de résistance contre la sédentarité, et il faut au moins briser cette routine une minute par jour, minimum. (rires) Pour moi, il n'y a rien de plus important que de se laisser emporter par la musique pendant une heure, ou plus, en laissant son corps libre de ses mouvements, surtout après avoir frôlé la mort!"

"Frôlé la mort ? Comment cela, si je peux me permettre ?"
J'ai la maladie de Lyme. J'ai dû me battre pour être là aujourd'hui car lors d'un périple au Portugal, j'ai contracté la maladie... Il faut savoir qu'il y a plusieurs formes de la maladie de Lyme, et pas de chance pour moi, j'ai eu la forme la moins agréable. J'ai suivi un traitement antibiotique très large avec de bons effets mais surtout beaucoup d'effets secondaires, pour essayer de trouver l'antibiotique qui fonctionne le mieux pour mon corps. Malheureusement, j'ai fait une surcharge médicamenteuse qui a entraîné une paralysie respiratoire. Je ne pouvais plus me lever, j'essayais de lutter mais cela empirait. J'ai donc décidé de lâcher prise et, inconsciemment, de me dire que c'était mon moment de partir. C'est à ce moment-là, où j'ai décidé d'accepter mon sort, que mon corps a commencé à se libérer. Hasard, coïncidence, je ne sais pas, mais ce que je peux te dire, c'est que quand ce n'est pas ton moment, on t'offre une seconde chance sur Terre."

Il m'est difficile de reprendre l'interview après un témoignage aussi poignant. Je comprends mieux maintenant le concept des Rencontres d'Alie... tendre le micro quand on a frôlé le précipice et qu'on pensait ne plus avoir la chance de s'exprimer. Je rassemble mes émotions et reprends le fil de l'interview en lui demandant ce qu'elle aime.

"J'aime le cinéma, la musique, bien sûr danser et l'écriture spontanée : j'écris quand j'en ai envie, que ce soit des scénarios, des courts métrages, de la poésie... selon mes envies."

Ce qu'elle n'aime pas : "Je trouve cela insupportable que les gens ne se disent pas bonjour, que ce soit sur un quai de tram/bus, en entrant dans une boutique, etc... Et ce qui me révolte en tant que femme, c'est que le simple fait de sourire à quelqu'un dans la rue est parfois interprété comme une proposition..."

"Es-tu heureuse aujourd'hui ?
Ouais, je trouve ça cool de discuter avec un inconnu sur un banc du tramway à Trocardière. Je suivais tes interviews à un moment et je trouve que vivre l'instant est encore plus sympa."

Le mot de la fin  ?
"Merci, Allan!"

Merci à toi, Alie, et merci de m'avoir interviewé pour ton émission. C'était très sympa.

A.


  Bonsoir à tous,  Jeudi dernier j'ai longtemps hésité, j'ai voulu aller sur la ligne 1 mais... j'ignore pourquoi, je ne le sent...

 


Bonsoir à tous, 

Jeudi dernier j'ai longtemps hésité, j'ai voulu aller sur la ligne 1 mais... j'ignore pourquoi, je ne le sentais pas ... Donc je suis reparti sur la ligne 3 : en général je descends vers Hôtel Dieu pour prendre un chronobus mais là j'ai changé mes plans. Pour être certain de ne pas aborder quelqu'un dans le vent, qui ne prendrait pas le même tram que moi, j'attends qu'un tram de la ligne 2 passe et je regarde qui reste sur le quai. C'est à ce moment là que j'aperçois une dame qui a son café dans une main et sa clope dans l'autre, je décide de l'aborder : elle accepte. Malheureusement pour moi elle descendra à l'arrêt d'après je devrai donc être rapide. 

Je vous présente Nadine, 57 ans.

Dans la vie Nadine est agent d'entretien : " Je fais des ménages dans des cages d'escaliers d'immeubles le matin, et dans des bureaux le soir. 
- Tu fais ce métier depuis longtemps ? 
- J'ai commencé à l'âge de 18 ans. Après j'ai fais des pauses j'ai eu des enfants. " (rires)

Je lui demande de me parler de son métier : " C'est un métier difficile, physique mais moi j'aime bien... Je n'ai pas de pression mais surtout ce qui me plait c'est que c'est un métier où l'on bouge : on ne s'arrête jamais et ça c'est sympa. Cela étant, ce n'est pas le même ménage qu'à la maison, donc je ne vois pas trop ça de la même façon - heureusement d'ailleurs. (rires)
Avant je faisais des remises en état pour des maisons ou des appartements neufs : juste avant la remise des clés, une entreprise de nettoyage est appelée pour mettre en état ... C'était difficile ça aussi ! " 

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier :
" Il faut certaines choses pour pouvoir faire.
- comme ? 
- de la motivation ! C'est physique donc si tu n'es pas motivé, tu ne tiendras pas. Et puis il faut respecter les horaires de travail et surtout respecter le matériel. " 

Mis à part son métier, Nadine aime faire des activités avec ses petits-enfants et faire les magasins : " même si je ne roule pas sur l'or, j'aime faire du shopping. " (rires)

Elle n'aime pas les gens agressifs : " Je trouve que depuis la fin du Covid et des confinements c'est pire qu'avant... Les gens sont malpolis, aigris, ne sourient pas... dans le tramway ils sont tête baissée sur leur smartphone et il ne faut pas leur parler. " 

Es-tu heureuse aujourd"hui ? 
" Oui ! J'ai une petite vie tranquille, j'ai besoin de peu pour me sentir bien. " 

Le mot de la fin ? 
" Je suis contente de t'avoir rencontré ! " 

Merci Nadine, je suis moi aussi content de t'avoir rencontrée, et j'espère que nous nous recroiserons prochainement.

A.