Bonsoir à tous, 

Je l'avais déjà aperçu une fois ou deux sur le quai du tramway, mais faute de temps ou de quai bondé je ne l'avais jamais abordé. Je lui explique le projet, il accepte mais n'a qu'un arrêt à me consacrer, c'est donc une interview rapide. 

Je vous présente Mag, 47 ans.

Dans la vie Mag est intermittent du spectacle : " Je suis ingénieur du son, roadie, je bosse sur des festivals/Sound System mais j'en organise aussi ! Je gère le son, les platines mais je chante aussi. 
- Ca fait longtemps que tu fais ça ? 
- Une bonne partie de ma vie, oui ! Je ne me souviens pas des débuts, mais c'était dans les années 1989/1990. "

Je lui demande de me parler de son job ? 
" C'est pas un métier mais une passion ! D'ailleurs, je dis souvent que c'est la musique qui m'a choisi et non l'inverse. Tu sais la musique est un langage universel, c'est du partage, un contact avec les gens ... Et je me dois de partager ça ! 
Et puis ingé son ou roadie c'est super important pour un groupe, tu gères pas mal de choses pour eux, tu es une sorte de filet de sécurité sur lequel ils peuvent s'appuyer. "

Malheureusement, on avait qu'un seul arrêt ... Je dois donc couper court à l'interview.

Es-tu heureux aujourd'hui ? 
" Oui ... Tout dépend comment tu vois les choses mais moi, j'aime la vie et j'en profite un maximum. " 

Le mot de la fin ? 
" Longue vie ! " 

Merci Mag et au plaisir de te recroiser sur le quai du tramway, avec un peu de chance je pourrai compléter cette interview plus tard.


A. 

Bonsoir à tous, 

Ce matin j'ai galéré, galéré, .... 8 refus ... Et au moment où j'allais arrêter ma chasse à l'inconnue matinale, une jeune femme s'est mise à ma hauteur sur le quai et je me suis dit : "Allez dernière tentative et si ça ne marche pas je verrai sur le chemin du retour !" 
Vous vous en doutez, elle a accepté, par chance elle connaissait de nom l'inconnu du tramway. C'est plus facile quand les gens connaissent je gagne de précieuses minutes à ne pas expliquer le projet.

Je vous présente Manon, 22 ans.

Dans la vie Manon est infirmière : " C'est tout récent j'ai commencé en juillet dernier. Si j'aime ça ? Oui carrément.
- Une vocation ? 
- Oui, j'ai su depuis toute petite que je voulais travailler auprès des gens, dans le milieu médical. J'avais besoin de faire un métier dans lequel je me sentirais utile, où le contact avec les personnes est omniprésent. C'est un peu comme ça que je me suis dit que ce serait le métier parfait qui réunissait toutes ces choses là !
- C'est difficile comme métier ? 
- Oui. La pression, les conditions de travail ne sont pas toujours simples et on s'attache, malgré nous, aux patients. Mais je te rassure j'adore ce que je fais et ne changerai pour rien au monde. " 

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier ? 
" L'endormissement au bloc opératoire. J'ai été surprise de voir la différence en fonction de l'état dans lequel est le patient. Par exemple quelqu'un d'angoissé n'aura pas du tout le même endormissement que quelqu'un de détendu, ça peut aller du fou rire, à des cris voire des larmes. 
Ce qu'il faut comme qualités pour être une bonne infirmière ? De la patience et de l'écoute. " 

Mis à part son métier Manon aime passer du temps avec ses amis, sa famille dont elle est très proche : " Mais ma grande passion c'est l'athlétisme, je fais du sprint : 200 et 400 mètres. C'est mon exutoire, d'ailleurs j'ai hâte d'y être ce soir ! Je pratique ce sport depuis 12 ans, et ça me prend beaucoup de temps, entre 3 et 4 entraînements par semaine ... Mais j'ai besoin de ça, je ne me vois pas arrêter d'en faire. " 

Elle n'aime pas les endives au jambon et le comportement des gens en France : " J'ai un peu voyagé et ici on est froid, on se juge, on manque de gentillesse alors qu'on a tout pour être heureux. Il n'y a pas longtemps j'ai croisé une personne au Portugal, je voyais bien qu'elle n'était pas aisée mais tout de suite elle nous a accueilli les bras ouverts et avec une gentillesse comme j'en ai rarement vu ... ici, c'est impossible ! Tout de suite au premier regard on te juge, alors je ne fais pas non plus une généralité mais quand même ça se ressent. " 

Une personne qui t'a marquée ou t'influence encore aujourd'hui ? 
" Mon père : Michel.
- Pourquoi lui ? 
- Parce que c'est que c'est mon modèle. Je suis fière de sa réussite, il est parti de rien, sans diplôme, il s'est battu et aujourd'hui il occupe, pour moi, une belle réussite ... Et tout ça en restant humble ! C'est vraiment quelqu'un de bien. "

Es-tu heureuse aujourd'hui et pourquoi ?
" Oui. Je vais au taf, je suis contente de parler avec un inconnu, ça change des trajets et c'est agréable en plus. " (rires)

Le mot de la fin ? 
" Le début d'une très belle journée, merci à toi. " 

Merci aussi Manon d'avoir joué le jeu de l'interview avec un inconnu à 7h du matin et au plaisir de se recroiser, peut-être, dans le tramway !


A.





Bonsoir à tous, 

Pour un lundi, ça ne commence pas trop mal, j'ai abordé une seule personne et ça a fonctionné à la première tentative ! 

Je vous présente Bertrand, 46 ans.

Dans la vie Bertrand est plombier : " 10 ans que je suis dans le métier, je suis en intérim et ça me plaît comme ça. Ce que je faisais avant ? J'ai d'abord commencé ma carrière en tant que chaudronnier, puis après j'ai été commercial dans différents domaines : industrie, automobile et rénovation de maison. J'ai même racheté la boite dans laquelle je bossais, puis l'aventure a pris fin en 2004. C'est là que je me suis dit que je n'avais plus envie de contraintes et que l'intérim dans le bâtiment c'était très bien pour moi. C'est dans le bâtiment que j'ai découvert la plomberie et voilà, ça fait 10 ans que ça dure ce métier et moi. "

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier ? 
" Là je bosse pour le CHU, et je rentre chez moi en tramway c'est quand même plus pratique que de venir dans le centre ville en voiture. Mais sinon, il faut que je t'apprenne un truc sur mon métier ? Sur le chantier où je suis actuellement, je fais pas mal d'installations de purgeurs. Un purgeur, c'est ce qui permet d'éviter d'avoir de l'air dans le circuit d'eau et le purgeur se met toujours en hauteur d'une installation. 
Ce qu'il faut comme qualités pour faire mon métier ? De la patience, de la propreté et être consciencieux car trop souvent on voit des ouvriers bâcler le travail ... Et c'est pas ma politique à moi : j'aime le travail bien fait ! " (rires)

En dehors de son métier, Bertrand aime glander devant le télévision, emmener ses enfants au sport : " Et ma grande passion c'est le chant. A la base, je voulais prendre des cours de chant pour mon besoin personnel et je me suis retrouvé dans une troupe de 17 adultes et une dizaine d'enfants. On fait des spectacles, on fait des reprises, on répète régulièrement ... On est devenu des potes et on aime chanter ensemble. " 

Il n'aime pas : " J'ai eu beaucoup de galères donc aujourd'hui je relativise tellement que je ne fais pas attention aux choses que je n'aime pas : ça me passe au dessus. Je sais qu'aujourd'hui, c'est compliqué pour pas mal de gens et que malheureusement on ne pourra rien y faire alors il vaut mieux essayer de relativiser au maximum même si ça n'est pas toujours simple. " 

Es-tu heureux aujourd'hui ? 
" Ouais, ça va ! 
- Pourquoi ? 
- J'ai une vie de famille, j'ai de quoi me nourrir, côté finances ça va ... Et puis c'est cool de parler avec un inconnu en rentrant du boulot, ça change. " 

Le mot de la fin ? 
" Content d'avoir fait ta connaissance. " 

Merci Bertrand et au plaisir de te recroiser un de ces jours dans le tramway !


A.

Bonsoir à tous, 

Ce soir je n'ai essuyé qu'un seul refus avant de trouver mon inconnu du jour sur le quai du tram 'Hotel Dieu'. 

Je vous présente Jean-Louis, 17 ans.

Dans la vie Jean-Louis est maçon : " Je suis maçon en apprentissage depuis 5 mois et j'espère décrocher mon CAP en 2020 pour en faire mon métier. A la base je ne me destinais pas vraiment à ça, car en Afrique je vendais des pièces automobiles ! Oui, j'ai commencé à travailler jeune mais c'est comme ça là-bas en Côte d'Ivoire.
Ce qui me plait dans le métier de maçon ? J'aime le boulot physique, même si c'est difficile, regarde l'état de mes mains... et j'aime travailler en équipe. 
Pourquoi avoir choisi ce métier ? C'est grâce à mon assistante sociale, que je remercie d'ailleurs, qui m'a aidé à trouver des formations, que ce soit pour maîtriser mieux le français, m'aider dans la création de CV, etc. "

J'en profite pour lui demander son parcours personnel pour arriver en France ? 
" J'ai quitté l'Afrique en 2016 parce que j'avais envie de découvrir le Monde ! Je suis arrivé d'abord en Italie où je suis resté 9 mois... Mais ça a été une expérience compliquée car si tu ne parles pas la langue, personne ne t'aide et j'ai été victime de racisme donc j'en garde un souvenir difficile. 
Pourquoi la France après ? Je me suis dit que vu que c'est un pays colonisateur, pourquoi ne pas aller y faire un tour. (rires) Plus sérieusement, j'avais ouïe dire que les français étaient accueillants... c'est d'ailleurs ce qui s'est passé... Même si dans la rue et les transports les gens font la tête et ne se parlent pas, et bien ici j'ai trouvé toute l'aide que je voulais et pas mal de générosité. " 

Jean-Louis aime écouter de la musique - rap français et r'n'b, nager et la mode.

Il n'aime pas se faire engueuler par son chef de chantier (rires), la vulgarité et il s'adapte petit à petit à la nourriture française : " Rien à voir avec l'Afrique, c'est différent mais c'est aussi bon. " 

Es-tu heureux aujourd'hui et pourquoi ? 
" Oui parce que je trouve ça sympa de parler avec un inconnu, c'est rare qu'on vienne me parler sans raison, en France les gens ne se parlent pas et c'est bien triste car un 'bonjour' ne fait de mal à personne. " 

Le mot de la fin ? 
" Ravi ! " 

Merci Jean-Louis et bonne continuation pour ton CAP, j'espère que nous nous recroiserons dans le tramway.


A.


Bonsoir à tous, 

Et oui, vous ne rêvez pas j'ai bien brisé la malédiction qui s’abattait sur moi depuis quelques jours. Je veux, bien sûr, parler des dizaines de refus que j'essuyais par jour, car oui, mesdames et messieurs, j'ai trouvé mon inconnu du jour à la première tentative ! 

Je vous présente Mathieu, 32 ans.

Dans la vie Mathieu est en reconversion professionnelle : " Je suis actuellement une formation dans le but de travailler dans l'administration des entreprises et je souhaite par le biais de cette formation obtenir un statut de cadre qui me permettra d'exercer un emploi dans les ressources humaines, la compta-gestion, les directions d'entreprises, etc. C'est une formation assez générale, ce qui me permettra de choisir vraiment quel poste je souhaite occuper. 
Ce que je faisais avant cette formation ? J'ai fait un Master 2 Environnement à La Rochelle et c'est au cours de mes études à l'université que j'ai découvert pas mal d'activités nautiques comme la voile, etc. Forcément en faisant mes études dans une ville où il y a la mer ça suscite un intérêt pour l'océan. Et c'est comme ça que j'ai, après mon Master 2, suivi une formation dans la marine marchande pour devenir marin professionnel. Et à la suite de ça j'ai trouvé un job en tant que marin sur le Bélem, une superbe expérience de 4 ans mais pour avoir une vie un peu plus stable et réussir à me projeter professionnellement j'ai décidé de me ré-orienter. "

Je crois que c'est mon premier marin que j'interview, surtout un marin du Bélem, je lui demande de me parler de ses 4 années sur ce voilier mythique ? 
" Une vie de marin c'est une vie en proximité avec ses collègues pendant 2 mois dans peu d'espace, c'est travailler tous les jours, et ce pendant au moins 10 heures. C'est fatiguant parfois, dur parfois, plaisant parfois et riche humainement ... voire trop. Quand je dis 'trop' c'est parce que, comme je te le disais à l'instant, on vit ensemble tout le temps et que si ça se passe mal avec un de tes collègues la journée tu ne rentres pas chez toi le soir décompresser en te disant ça ira mieux demain ... Donc les relations sont démultipliées, les histoires aussi ! (rires)  Et puis là ce sont des côtés du boulot qui m'agaçaient mais il y a tellement de belles choses à voir en tant que marin sur le Bélem : le bateau est magnifique, tu es tout le temps en mer, tu vois des paysages magnifiques et rien que pour ça je suis super content de l'avoir fait. " 

Mon inconnu du jour aime la plongée sous-marine, enseigner la guitare - il est prof amateur, la lecture : " Et ma femme, je me suis marié il y a 2 mois. " (rires)

Il n'aime pas l'individualisme, les injustices - il me dira qu'il faut d'ailleurs continuer de se battre pour qu'il y en ait de moins en moins et la viande : " Je ne suis pas vegan, j'ai juste choisi de ne plus manger de viande parce que j'estime que la condition animale dans laquelle notre société consomme de la viande n'est pas acceptable ... quand tu vois les élevages de masses avec des animaux dans des cages entassés les uns sur les autres ... je ne souhaite pas participer à cela. C'est un choix éthique ! " 

Es-tu heureux aujourd'hui ? 
" Oui.
- Pourquoi es-tu heureux alors ? 
- J'ai une vie assez agréable : intellectuellement je suis satisfait, émotionnellement je suis comblé, j'ai des amis chers et l'idée de ta démarche est agréable. " 

Je lui ai posé la question si une personne l'avait marqué ou influencé mais il y en avait trop à citer, choisir était compliqué pour mon inconnu du jour.

Le mot de la fin ? 
" Dans un monde où les gens se parlent de moins en moins, je trouve ta démarche plus qu'intéressante et je trouve ça chouette. "


Merci Mathieu au plaisir de te recroiser dans le tramway un de ces jours.


A.





Bonsoir à tous, 

Je suis sincèrement désolé d'avoir une journée de retard pour mon inconnue interviewée hier, en général je publie le soir même, mais je n'ai pas réussi à trouver le temps d'écrire dans mon emploi du temps hier. Bref, c'est hier à l'arrêt de tramway que j'ai rencontré mon inconnue ... Comme d’habitude la première réaction est toujours la même : méfiance. Mais après lui avoir expliqué le projet elle s'est laissée tenter par l'expérience.

Je vous présente Aurore, Aurore n'a pas d'âge d'ailleurs : " ça ne se fait pas de demander l'âge d'une femme, non mais oh ! " (rires)

Aurore dans la vie est entre 2 emplois : " Actuellement je suis Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) mais là je suis en train de changer de voie professionnelle pour un poste qui n'a rien à voir, dans le tertiaire : secrétariat. Pourquoi ce changement ? J'aime changer de boulot tous les 2-3 ans, et AVS j'aurais pu faire ça plus longtemps mais ça ne paie pas ! J'ai deux enfants à nourrir, je ne peux pas me permettre ce genre de salaire. 
Ce que j'ai fait comme job avant d'être AVS ? Oulala pas mal de choses ! J'ai bossé à la Semitan, après j'ai été en congé parental, j'ai bossé sur des plateformes téléphoniques de Help Desk., etc. " 

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier d'Auxiliaire de Vie Scolaire : 
" L'humilité ! Dans mon histoire j'ai été confrontée au handicap sous différentes formes et ça me semblait naturel d'exercer, à un moment de ma vie, ce métier magnifique. Ce n'est pas un métier tout rose, parfois c'est dur, pas physiquement mais moralement ... Et quand je parle d'humilité c'est parce que je relativise beaucoup plus sur la vie grâce à cette experience professionnelle. 
Ce qu'il faut comme qualité, mis à par l'humilité, pour faire ce job ? De la patience, de l'écoute et avoir le sourire. "

Outre son métier, elle aime la danse - classique, modern-jazz - écouter de la musique, lire : " Et le foot ! J'adore le foot je supporte le FC Nantes, Marseille et surtout l'équipe de France. Oui je sais c'est rare pour une femme d'être fan de foot, je vais de temps en temps à la Beaujoire sinon je regarde, quand c'est à la télévision sur des chaines non payantes. 
- D'où te vient cette passion pour le foot ? 
- Je pense un peu de mon père, et surtout France 98 quoi ! " (rires)

Elle n'aime pas les épinards, l'injustice, l'intolérance et les mathématiques.

Es-tu heureuse aujourd'hui ? 
" Oui ! Il y a du soleil, je vais voir mes enfants en rentrant, je change bientôt de boulot et grâce à ça je vais mieux gagner ma vie et donc j'espère pouvoir voyager ! " 

Le mot de la fin ? 
" Enchantée par cette rencontre, tu as su me rassurer car d'habitude je suis plutôt sauvage ! " (rires)

Merci Aurore, j'espère que nous nous recroiserons dans le tramway et encore désolé pour la journée de retard pour retranscrire cette belle interview.


A.


Bonsoir à tous, 

Après deux jours sans interview, vu que j'étais automobiliste, j'ai repris les interviews et coup de chance ça a fonctionné du premier coup. 

Je vous présente Johnny, 34 ans.

Dans la vie Johnny est électricien : " Je bosse pour une grande entreprise qui fabrique des avions et je m'occupe de l'électricité dans les carlingues : lampes, prises électriques, etc. Vocation ? Non, un peu le hasard. J'ai longtemps été au chômage, enchaînant les petits boulots alimentaires puis un jour j'ai trouvé une formation en électricité qui m'a permis de trouver mon job actuel. Cela fait maintenant 6 ans que j'exerce ce métier et qui me plait toujours autant.
Ce qui me plait dans ce métier ? C'est technique et on ne s'ennuie jamais, ça évolue tout le temps. " 

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier ? 
" Le fil de terre : important, à ne pas oublier ! Le fil jaune et vert ! (rires)
Je dis ça mais beaucoup de bêtises sont faites en oubliant ce fil et les résultat est sans appel : ça disjoncte et tu te fais engueuler par ton chef. (rires)
Une qualité pour faire mon job ? La précision. " 

Il aime les balades avec ses enfants, jouer au foot avec ses potes, les soirées entre amis et passer du temps en famille.

Il n'aime pas rester chez lui à ne rien faire, les pâtes : " Et la politique actuelle m'insupporte !" 

Es-tu heureux aujourd'hui ? 
" Oui.
- Pourquoi es-tu heureux maintenant ? 
- J'ai des enfants et une femme ... Je n'ai besoin de rien d'autre pour être heureux. "

Le mot de la fin ? 
" Pas mal ton initiative, c'est rare que des inconnus se parlent, ça change et le temps passe plus vite. " 

Merci Johnny et au plaisir de te recroiser dans le tramway.

A.






Bonsoir à tous, 

Ce matin j'ai trouvé mon inconnu du jour du premier coup sur le quai de l'arrêt 'Pirmil'.

Je vous présente Pierre, 23 ans.

Dans la vie Pierre est étudiant : " Je suis à la faculté de sciences où j'étudie la physique en 3ème année de licence. Si ça me plait ? Ouais c'est pas mal. Disons qu'après un bac S, je me suis un peu laissé porter et comme je sais qu'il y a pas mal de débouchés dans cette filière et bien je me suis dit : pourquoi pas continuer dans la physique. (rires)
Ce que je compte faire ensuite ? Sûrement un Master pour peut-être travailler, plus tard, dans le démantèlement de centrales nucléaires, c'est plein de débouchés. Les étudiants dans cette filière ont déjà un CDI 2 mois avant les examens, qu'ils l'aient ou pas d'ailleurs ... C'est plutôt rassurant quand on est étudiant. " 

Je lui demande de m'apprendre un truc sur ses études mais comme il est tôt et qu'il a un peu du mal à réfléchir, je lui demande de me parler d'un truc qu'il n'aime pas en physique ?
" L'étude des forces : Comment 2 objets communiquent entre eux, comme par exemple les suspensions d'une voiture, afin de savoir jusqu'à combien de pression les suspensions peuvent supporter. C'est pas que je n'aime pas ça mais c'est que c'est tout un tas de calculs chiants à faire et que j'ai un peu la flemme de m'y mettre. (rires)
Ce qu'il faut comme qualités pour faire des études de physique ? Il faut être bon en maths et être assidu en cours sinon ça peut vite être très compliqué. " 

Il aime les sorties avec ses potes, les jeux vidéo - en ce moment il joue au dernier Call Of Duty et passer du temps avec sa famille.

Il n'aime pas les huîtres et le racisme.

Es-tu heureux aujourd'hui ? 
" Ouais, je fais autre chose que dormir ou être sur mon portable dans le tramway et ça me rend heureux de parler avec toi : ça change ! " 

Le mot de la fin ? 
" Bonne journée. "

Merci Pierre et au plaisir de te recroiser dans le tramway.

A.

Bonsoir à tous,

C'est dans le tramway au terminus que j'ai abordé le seul inconnu présent dans la rame. Un peu sceptique pour la photo au premier abord, il se laisse convaincre assez facilement par le projet.

Je vous présente Guillaume, 27 ans.

Dans la vie Guillaume est à la recherche d'un emploi : " Je cherche dans le social, la médiation, l'animation, etc. C'est tout récent cette recherche d'emploi donc je n'en suis qu'au prémices des recherches, je ne m'inquiète pas. Ce que je faisais avant ? Des petits boulots qui ont du sens, comme aide à domicile par exemple, mais j'ai aussi travaillé en tant que bénévole dans des associations, et je suis aussi un militant à la ligue des droits de l'Homme. J'ai aussi réalisé un voyage documentaire dans le but de promouvoir le vivre ensemble et les différentes cultures : je suis curieux de tout et me nourris de la diversité. Je ne fais jamais la même chose longtemps, j'ai plusieurs activités et j'alterne en fonction de mes envies : pas de barrière, j'aime cette idée de liberté. " 

Je ne lui demande pas de m'apprendre un truc sur son métier, vu qu'il cherche un emploi mais je lui demande de me parler de cette vocation pour le social.
" L'Homme me fascine, il est tellement complexe et j'essaie d'aider au maximum ... Un besoin de se sentir utile ? Oui, sûrement. La resolution de conflits, l'écoute, la compréhension de problèmes, .... Tout ça me rend curieux et passionné d'être auprès des gens, j'essaie de comprendre.
Mon parcours scolaire ? Un bac éco, une licence en psychologie, un Master en patrimoine et politique culturelle et un Master de psychologie. 
Ce qu'il faut comme qualités pour travailler dans le social ? Etre passionné, savoir se remettre en question et ne pas être dans le jugement. "

Mon inconnu du jour, sur son temps libre, aime faire du vélo - il m'avouera prendre très rarement le tramway car il ne se déplace qu'à vélo : c'est un pur hasard de se rencontrer - le chant, la lecture, le cinéma, l'artisanat : " Et j'aime aller marcher dans les rivières pieds nus, d'ailleurs j'aimerais être pieds nus tout le temps mais malheureusement ce n'est pas possible ! 
- Les chaussures c'est compliqué pour toi ? 
- Ah oui carrément ! j'ai un rapport particulier avec les chaussures. " (rires)

Il n'aime pas les laissés pour compte, l'incompréhension, la pauvreté extrême, la pollution, le capitalisme : " J'aime l'harmonie en général et le capitalisme détruit cette harmonie. " 

Es-tu heureux aujourd'hui ? 
" Oui. Pourquoi ? Je sors d'une séance d'ostéo, et je sens que va règler mes problèmes de dos ... Même si je suis un peu cassé là ! " (rires)

Une personne qui t'a marqué ou t'influence encore aujourd'hui ? 
" Ma grand-mère : Yvonne. 
Une des personnes qui m'a aidé, elle m'a tout de suite compris et a su qui j'étais très jeune. Elle m'a inspiré par son fort caractère, elle était respectée et elle respectait les gens, elle ne faisait pas de différence ... Une bien belle personne qui nous a quittés l'année dernière. "  

Le mot de la fin ? 
" Y aura-t-il vraiment une fin ? " 

Merci Guillaume, bonne continuation pour ta recherche d'emploi et j'espère que nous nous recroiserons.


A.


Bonsoir à tous, 

Ce matin je suis allé au travail après avoir essuyé 4 refus et il fallait donc que je ne rentre pas bredouille ce soir. Sur le quai du tram, j'aperçois à quelques mètres de moi une jeune femme un peu isolée des autres usagers, je décide de l'aborder : elle accepte.

Je vous présente Dayath, 18 ans.

Dans la vie Dayath est étudiante, je l'apprendrai plus tard lors de l'interview mais petit détail qui a son a importance, elle est arrivée à Nantes il y a un mois : elle est originaire du Togo. " Je suis actuellement en études d'économie et gestion. Si j'aime ce que je fais ? Oui et non ! Disons que je me laisse un peu portée par des choix que j'ai fait avant car j'ai un Bac ES, et c'est un peu une continuité ce que je fais là ... Je ne sais pas vraiment ce que je souhaite faire plus tard donc pour le moment je fais ça. 
Ce que j'aimerais faire à la place ? J'aimerais chanter ! Je chante depuis toute petite mais la musique c'est compliqué, c'est un risque à prendre ... Et je ne suis pas sûre que mes parents accepteraient en fait et je n'ai pas envie de tout quitter sur un coup de tête, imaginons que ça ne marche pas et bien je n'aurais pas fait d'études et serais en galère après, enfin je pense. " 

Je lui demande de me parler de sa passion pour le chant.
" Une vocation ? 
- Oui, et depuis toute petite. J'ai toujours aimé la musique et chanter c'est mon exutoire. Ca m'apaise, car j'ai vécu pas mal de choses dans ma vie malgré mon jeune âge et chanter me fait du bien. 
- Qu'est ce qu'il faut comme qualités d'après toi pour être une bonne chanteuse ? 
- Il faut être passionnée, avoir de la confiance en soi et s’entraîner régulièrement. "

Mis à part ses études et le chant, je lui demande ce qu'elle aime faire de son temps libre : 
" J'aime lire, chanter bien évidemment, danser et passer du temps sur les réseaux sociaux. " 

Elle n'aime pas être rabaissée, et comparée aux autres.

Es-tu heureuse aujourd'hui ? 
" Non ! Pourquoi ? Je suis fatiguée, j'ai un devoir de maths vendredi et un exposé en anglais à rendre ... Et je n'ai pas fait grand chose donc il va falloir que je bosse comme une folle pour vendredi et ça m'ennuie. "

Une personne qui t'a marquée ou t'influence encore aujourd'hui ? 
" Ma mère.
- Pourquoi elle ? 
- C'est à double tranchant car elle est là pour m'aider, m'épauler mais elle est aussi dure avec moi, j'ai l'impression qu'elle ne me comprend pas ... Je suis différente de mon frère, et être comparée à lui est usant. Je suis une jeune fille dynamique qui aime la vie et être comparée et rabaissée, ça ne m'aide pas trop, surtout en ce moment où je suis seule à Nantes et eux sont en Afrique. Mais c'est ma mère, hein ! " 

Le mot de la fin ? 
" Là tu dois te dire que je suis déprimée, mais c'est juste que je suis fatiguée ... J'aime la vie et j'aime voir les gens heureux ! " 

Merci Dayath, je te souhaite d'être heureuse et au plaisir de se recroiser sur le quai du tramway !


A.


Bonsoir à tous, 

Ce matin j'étais à la bourre, j'ai loupé mon bus et suis allé au tramway à pied (10 minutes de marche). J'aperçois le tramway sur le quai, je cours et m'assieds au pif dedans ... limite un peu essoufflé ! (rires) Je me demande si je vais trouver facilement l'inconnu du jour, j'observe la rame de tramway et je vois à ma gauche un jeune homme : je l'aborde !

Je vous présente Max, 26 ans.

Dans la vie Max est en reprise d'études : " Je suis dans la vente de jeux de société, en alternance : à la fac de Cholet et en stage dans une boutique à Nantes. D'ailleurs, je descends à Pirmil pour prendre un covoiturage ! Ce que je faisais avant ? Pendant 4 ans j'étais cuisinier dans pas mal de villes : Avignon ma ville d'origine, Lille, Lyon et Berlin dernièrement. "

Max m'explique avoir commencé il y a 15 jours son stage, je lui demande pourquoi les jeux de société ? 
" C'est une passion, j'adore ça. Je trouve que entre les passionnés de jeux de société il n'y a pas de barrière sociale car c'est fait pour rassembler les gens. Après, dans certains jeux il y a de la compétition mais ça reste du plaisir, donc on rencontre pas mal de gens ... Ca créé du lien social en fin de compte. 
Et puis ce qui m'a marqué pendant mon stage dans la boutique c'est qu'on passe énormément de temps à écouter les clients afin de mieux cibler leurs attentes. Un jeu de société ça peut vite coûter cher et donc il ne faut pas se tromper dans ce que l'on va conseiller.
Ce qu'il faut pour être un bon vendeur de jeux de sociétés ? De l'écouter, aimer conseiller et connaitre les jeux. " 

Il aime cuisiner, jouer : " Et Berlin ! Cette ville est dingue, les gens sont ouverts, c'est une capitale mais il y a de l'espace, on fait la fête pour pas cher et c'est cosmoplite. Franchement je suis amoureux de cette ville, j'y retourne régulièrement. " 

Il n'aime pas la politique, les médias et les différentes affaires dont on entend parler : " Ca m'énerve tous ces politiques, je n'y crois plus ! " 

Le mot de la fin ? 
" Beau projet, c'était marrant de se faire interviewer dans le tram. "

Merci Max et au plaisir de te recroiser un de ces matins dans le tramway.


A.



Bonsoir à tous, 

Ce matin j'ai rencontré mon inconnu sur le quai de l'arrêt 'Vincent Gâche' et il descendait à 'Beauséjour' je décidai donc rester dans le tramway et de prendre l'ancien trajet que j'utilisais pour me rendre au travail avant le prolongement du chronobus.

Je vous présente Vincent, 28 ans.

Dans la vie Vincent travaille dans la sérigraphie : " Je travaille pour une petite boite qui imprime des visuels sur des gobelets recyclables. Si ça me plait ? Ouais carrément ! Pourquoi ? J'aime la liberté que j'ai, que ce soit dans mes horaires, dans mon organisation de travail et dans ce que je peux écouter pour me divertir au travail. 
- Comment ça ce que tu écoutes ? 
- Ouais en plus de mon taf que j'aime, je mets des podcasts ou des vidéos Youtube sur des sujets qui m'intéressent. Par exemple, je me suis rendu compte que je connaissais peu de choses sur les Rois de France, j'ai donc choppé des vidéos faites par des gens qui expliquent ça ... Je m'instruis tout en bossant et ça c'est génial. "

Pendant cette première question, Vincent me parle de son parcours brièvement, je décide de revenir un peu plus sur cette partie de sa vie : 
" Comme je te disais je n'ai pas fait grand chose de ma vie, je me suis laissé un peu porter. A la base je voulais être prof de russe mais le côté autoritaire m'a saoulé. On avait beau être à la Fac, je pensais que j'aurais cette liberté que je cherchais tant, mais comme j'étais dans une filière vraiment spéciale, le russe, et bien on était en petit groupe et le prof était une sorte de tyran en quête d'autorité : une souffrance pour moi ! J'ai tout quitté et suis parti vivre en Angleterre 9 mois, là bas j'ai bossé en tant que serveur ... Une putain d'expérience.
Avant de partir, j'avais croisé un type qui montait sa boite de sérigraphie, et c'est à mon retour en France qu'on nous nous sommes recroisés et qu'il m'a proposé de venir bosser avec lui. Et aujourd'hui, ça fait 5 ans que j'y suis et c'est cool ! " 

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son job ? 
" Le client nous donne son dessin, logo, motif ... Et c'est là qu'on prend un cadre de sérigraphie, on met l'encre, on passe une racle et on sèche sous lampe u.v. 
Ce qu'il faut comme qualités pour faire mon job ? De la patience, du calme, être malin et ne pas rester les bras croisés. Ah et il faut aussi être mécano car on bosse aussi avec de très vieilles machines qui n'ont plus de pièces détachées achetables et donc on doit bricoler, parfois, pour réparer la machine. " (rires)

Mis à part tout ça mon inconnu du jour aime les jeux vidéo, les sorties, les concerts, le cinéma, passer du temps avec ses potes : " Mais j'aime beaucoup glander chez moi et faire du point de croix ! 
- Du point de croix, ce n'est pas commun ?
- Ça c'est sur mais je trouve ça cool, et ça me calme. " (rires)

Il n'aime pas le céleri - il m'avouera que c'est son repas de ce soir et que ça ne l'enchante pas du tout, l'alcool - il n'en a jamais bu, il n'aime pas ça : " Et ce qui me révolte c'est le manque d'intérêt que les gens ont pour l'écologie et pour l'avenir de la planète ... Quand je vois les déchets par terre ça me révolte : mégots, plastiques, déchets, etc. " 

Es-tu heureux aujourd'hui ? 
" Oui. 
-  Pourquoi es-tu heureux alors ? 
- On est jeudi, demain c'est le weekend, que le nouvel album de 'Behemoth' sort bientôt, un groupe que j'adore et que je suis bientôt en congés : je vais partir 15 jours au Vietnam et ça c'est cool. " 

Une personne qui t'a marqué ou t'influence encore aujourd'hui ? 
" John Carpenter. Pourquoi lui ? Parce qu'avec de la volonté il a su dire 'Fuck' à Hollywood et prouver qu'il pouvait faire des films de qualité sans eux. " 

Le mot de la fin ? 
" Poil ! C'est le premier mot qui me vient à l'esprit ! " (rires)

Merci Vincent, au plaisir de se recroiser dans le tramway et si ce n'est pas le cas je te souhaite bon voyage au Vietnam. 

A.



Bonsoir à tous, 

En arrivant sur le quai du tramway, je ne savais pas qui j'allais aborder. Et puis mon regard s'est posé sur une jeune femme qui lisait sous l'aubette ... Au début méfiante, elle s'est laissée facilement tenter par l'interview improvisée.

Je vous présente Louise, 25 ans.

Dans la vie Louise est au chômage : " Un chômage voulu et assumé ! Je suis pâtissière et je précise que c'est voulu car il y a du travail dans cette branche. 
- Pourquoi est-il voulu alors ce chômage ? 
- Je reviens de Bruxelles où je travaillais et j'ai mis fin à mon contrat après de longues périodes de harcèlement moral par mon employeur. Quand je dis harcèlement moral je n'ai pas été insultée mais c'était des réflexions permanentes, il rabaissait mon travail, il m'humiliait devant mes collègues ... Bref, pas simple ! J'ai quand même fini par trouver le courage de partir, d'ailleurs quand j'en parle autour de moi, je me rends compte que beaucoup de gens vivent ça, ou l'ont vécu. " 

Mis à part ce cas de harcèlement moral, elle adore son métier et je lui demande de m'en dire plus ?
" J'ai toujours voulu faire ça. Même si j'ai fait un BAC Pro Cuisine et que j'ai bossé un peu en cuisine, dès que j'ai pu partir en pâtisserie je l'ai fait ! Pourquoi ce métier ? J'aime le côté manuel, le fait de donner du plaisir aux gens, que ce soit précis. C'est une sorte d'Art éphémère : ma vocation depuis toute petite.
Ce qu'il faut pour faire ce métier ? Il faut être sociable car on travaille en équipe, savoir déléguer les choses, être matinal car en général on se lève entre minuit et 5h du matin et il faut savoir recevoir des ordres. Et parfois recevoir des ordres de gens qui sont plus jeunes que nous et souvent plus talentueux ! (rires)
- Le dernier truc que tu as fait  en pâtisserie ? 
- Un Paris-Brest : pâte à choux, crème mousseline praline montée au beurre - caramel, noisette et amandes. " 

Louise en dehors de son métier aime : " J'aime aller au cinéma, lire, écouter de la musique et sortir ! " 

Elle n'aime pas l'impolitesse et les salsifis.

Es-tu heureuse aujourd'hui ? 
" Oui ! Pourquoi ? Parce que je suis sortie d'une situation compliquée, et que je me suis reprise en main ... Comme je te l'ai dit je suis au chômage mais ça ne va pas durer longtemps. J'avais juste besoin de reprendre le dessus sur cet épisode compliqué ! " 

Le mot de la fin ? 
" Bonne journée. Bon courage pour la suite et merci c'était très sympa ! " 

Merci Louise et au plaisir de se recroiser dans le tramway.


A.