Bonjour à tous, 

Après une semaine de repos, vacances scolaires obligent, j'ai repris le chemin du travail et donc du tramway. J'ai eu de la chance car je suis passé entre les gouttes pour trouver l'inconnue du jour ; sachant qu'ils annonçaient un temps catastrophique et qu'en règle générale je galère un peu plus à trouver l'inconnu les jours de pluie. Bref, j'ai recroisé Jennyfer une ancienne inconnu à 'Commerce', puis comme j'allais direction Beaujoire j'ai laissé passé le tramway en direction de 'Ranzay'. J'ai attendu quelques instants et une femme est passée devant moi et s'est assise sur le banc. Elle se reposait, elle avait une béquille et son pied gauche dans une botte de marche.

Je vous présente Marie, 44 ans.

Dans la vie Marie est électro-technicienne : "Comme tu le constates je suis actuellement en arrêt de travail, j'ai le pied cassé, mais je suis électro-technicienne. Comment c'est arrivé? Mon pied s'est retrouvé coincé entre un gerbeur électrique et un poteau dans l'entrepôt où je bosse et ça a cassé mon pied. Franchement, ça fait super mal je ne le conseille à personne ! (rires)
C'est quoi électro-technicienne? En fait, je travaille pour une entreprise qui répare des frigos, je fais la maintenance des moteurs. Si ça me plait? Oui c'est pas mal! Ce n'est pas mon métier à la base mais j'aime ce que je faisais.
Je dis 'faisais' car cela fait un moment que je ne travaille plus : cela fait 4 ans que mon pied a été cassé et depuis j’enchaîne les soucis de santé avec ce pied, je te passe les détails mais j'ai beaucoup de problèmes à ce que ça se remette en place ; mais c'est la vie, c'est comme ça. 
Ce que je faisais avant? Je bossais dans la restauration, j'adorais ce job mais parce que je voulais bien cadrer mon fils et suivre son parcours scolaire au lycée j'ai décidé de mettre en 'stand-by' la restauration."

Pourquoi arrêter ton job pour suivre ton fils qui est au lycée? 
"Parce que personnellement le lycée, c'est là que j'ai décroché, je voulais être présente et le pousser pour qu'il réussisse! Et je suis fière de lui, car l'année prochaine il fera sciences politiques et quand je vois qu'il réussit je me dis que j'ai fait le bon choix." (rires)

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son job d'électro-technicienne?
"Réparer un moteur de frigo, c'est comme réparer une voiture ! Tu sais, je suis mère célibataire et quand tu n'as pas de sous à la fin du mois et qu'une tuile te tombe dessus avec ta voiture, et bien tu mets les mains dans le cambouis. Les frigos c'est pareil, ça a le même fonctionnement qu'une voiture, sauf que pour l'un le radiateur chauffe et pour l'autre il refroidit ! (rires)
Ce qu'il faut pour être électro-technicienne? Il faut de la précision, savoir écouter le bruit d'un moteur et surtout avoir de petites mains pour passer dans le moteur." (rires)

Elle aime les concerts, la lecture, passer du temps avec son fils : "Et actuellement je passe un Bac Scientifique en cours du soir et je suis assez fière de ça." 

Elle n'aime pas cette façon de vivre au ralenti depuis son accident de travail, la connerie humaine, la méconnaissance des gens : "Et je ne voulais pas que mon fils choisisse un métier par défaut, je voulais qu'il sache vers quoi il voulait s'orienter! Je déteste cette phrase : 'Je fais ce métier/ces études parce que je n'ai pas eu le choix !'
Pour moi, on a toujours le choix, c'est juste à nous de faire en sorte d'y arriver."

Es-tu heureuse aujourd'hui et pourquoi? 
"Oui ! J'ai réveillé mon fils, on s'est souhaité une bonne journée... Il ne me faut pas plus pour être heureuse." 

Une personne qui t'a marquée ou t'influence encore aujourd'hui? 
"Mon meilleur ami : Fifi. C'est plus un grand-frère pour moi qu'un meilleur ami, on s'est connus à l'âge de 19 ans à Versailles. Notre amitié a été une évidence. Malheureusement pour moi, il nous a quitté en décembre dernier. "

Le mot de la fin? 
"Que du bonheur, et même s'il est tout petit il faut s'y accrocher pour qu'il devienne plus grand !" 


Merci Marie et j'espère te recroiser prochainement en concert ou dans le tramway !


A.



Bonsoir à tous, 

Après avoir profité du soleil sur un banc à l'arrêt Beaujoire, j'ai fini par aborder un jeune homme, valise à la main et yukulele dépassant de son sac à dos.

Je vous présente Louis, 17 ans.

Louis est étudiant en 1ère année de prépa : "Je viens d'intégrer une école d'ingénieur et j'ai 2 ans de prépa! J'adore ce que je fais, j'ai toujours su que je voulais faire des études scientifiques mais pas dans quel domaine. D'ailleurs, je ne sais toujours pas dans quelle branche me spécialiser, même si j'ai déjà une petite idée : l'informatique par exemple. En gros, on a 4 matières importantes qui feront qu'on choisira sa spécialité : informatique, mathématiques, physique et chimie." 

Je lui demande de m'apprendre un truc sur ses études? 
"On a appris le fonctionnement des écrans dernièrement! Sais-tu comment un écran fonctionne? Non, et bien ce sont des lignes superposées et ces lignes font une image. Pour avoir une meilleur définition et donc plus de pixels, on a 2 lignes que l'on accommode entre elles et au milieu ces lignes arrivent d'elles-mêmes pour créer une ligne entre elles. C'est ce qui permet notamment d'avoir plus de pixels et donc une meilleure résolution. 
Ce qu'il faut pour faire une école d'ingé? Je dirais qu'il faut être motivé et réussir à suivre un rythme soutenu toute l'année."

Comme il a une valise, un sac à dos et qu'il descend la ligne de tram, j'en profite pour lui demander où il va? "En fait, je ne suis pas nantais, je suis originaire de Rouen. Je suis venu pour les études ici et comme ce sont les vacances scolaires, je rentre chez moi voir ma famille et mes amis."

Il aime marcher, les sorties dans les bars avec les copains, les jeux vidéo - il joue à League of Legends : " Et j'aime jouer du piano, ça me détend vraiment." 

Il n'aime pas les escrocs, les menteurs, la désinformation, la choucroute, les champignons cuits, les olives : "Et même si je ne regarde jamais la télévision, et du peu que je lis sur internet en informations sur le sujet, je dois bien admettre que ce contexte politique m'exaspère : menteurs, tricheurs, voleurs, etc." 

Es-tu heureux aujourd'hui? 
"Oui! Même si j'adore cette ville, qu'elle est dynamique, étudiante, etc. Et bien je suis super content de rentrer me ressourcer auprès de mes proches en Normandie." (rires)

Une personne qui t'a marqué ou t'influence encore aujourd'hui? 
"Un ami rencontré en classe de seconde : Victorien. Pourquoi lui? Et bien j'ai sauté une classe après le CM1, je suis passé en 6ème directement. Et comme j'étais plus jeune et plus petit au collège, j'ai souvent été victime de moqueries et ça m'a profondément marqué, au point de me renfermer sur moi-même. Ma scolarité n'en a pas trop souffert, c'est juste que ça a été parfois un peu dur. Et puis j'ai rencontré Victorien en Seconde et il m'a beaucoup aidé, beaucoup appris, il m'a permis de regagner confiance en moi, etc.
Je l'en remercie d'ailleurs car c'est grâce à lui si aujourd'hui si je vais super bien." 

Le mot de la fin? 
"Ça fait passer le temps de discuter avec un inconnu, c'est super sympa et agréable." 

Merci Louis et bonnes vacances, d'ailleurs moi aussi je suis en vacances, certes pas toute la semaine, mais cela va me faire du bien de faire une pause : je reviens donc le 27/02/2017. 


A.



Bonsoir à tous, 

Mon inconnu du jour m'a surpris à son insu car en général je n'interviewe pas des inconnus trop jeunes, pour me protéger de différents soucis parentaux. Donc quand je l'ai abordé je ne m'attendais pas à ce que ce grand jeune homme soit si jeune et malgré l'annonce de son âge je me suis décidé à continuer l'interview. 

Je vous présente Antonin, 13 ans.

Antonin dans la vie : "Oui, je suis au collège et tout se passe bien. Je travaille bien pour préparer mon avenir et je vais bientôt passer une 'détection'. En fait je souhaite devenir basketteur professionnel et souhaite intégrer ' pôle espoir '.
C'est quoi pôle espoir? C'est une filière sportive de haut niveau, c'est un niveau au dessus de Sport études! J'adore jouer au basket et j'ai très vite été repéré grâce à ma taille. Je m’entraîne dur, 3 fois par semaine, et ce même pendant les vacances scolaires. 
Dans quel club je joue? J'ai été repéré par l'Hermine de Nantes et je participe aux inter-régions... J'ai vraiment de la chance, surtout que j'ai commencé le basket l'année dernière." 

Il aime les sorties, le cinéma et le sport : tennis, foot, handball. "Mon équipe de basket  US préférée : Cleveland! Je suis un grand fan de Lebron James."

Il n'aime pas : "Il y a peu de choses que je n'aime pas, si ce n'est le fromage !" (rires)

Es-tu heureux aujourd'hui? 
"Même si je sors d'une entorse, que je suis fatigué et un peu enrhumé, et bien je suis super content car je vais à l'entraînement !" 

Une personne qui t'a marqué ou t'influence encore aujourd'hui? 
"Mike Horn : un aventurier- explorateur. Je viens de lire son livre et c'est un mec qui a fait le tour du Monde de différentes façons, un peu en mode survie et très peu de moyens. Ce mec arrive à tellement de choses rien qu'avec un mental d'acier. J'ai beaucoup de respect pour cet homme !" 

Le mot de la fin? 
"C'était cool de parler avec un inconnu." 

Merci à toi Antonin et j'espère te voir en NBA d'ici quelques années ! :)


A.




Bonsoir à tous, 

Reprise du blog cet après-midi, et je dois dire que je suis super crevé : vivement les vacances vendredi soir. J'ai bien mérité une petite semaine de repos! Je suis donc allé au terminus 'Beaujoire' après ma journée de boulot et j'ai attendu que plusieurs tramways passent.
A un moment je décide de me lancer, j'aborde une jeune femme : refus direct! Je me tourne et aperçois plus loin une autre jeune femme, écouteurs sur les oreilles ; elle accepte mais elle m'avouera par la suite avoir eu un peu peur au début : "En général, quand on vient nous parler sur le quai du tramway c'est souvent pour des embrouilles !" (rires)

Je vous présente Julie, 16 ans.

Dans la vie Julie est étudiante : "Je suis lycéenne en 1ère ES (Economie et Social). Si ça me plait? Carrément! On parle beaucoup de l'actualité, on débat, on aborde les différents problèmes dans le Monde, en essayant d'y répondre ou trouver différentes causes et/ou solutions. C'est une filière, certes générale, mais beaucoup basée sur l'actualité. J'ai su très tôt qu'il fallait que je fasse cette filière car après je souhaite faire des études de droit pour devenir juge ou avocate. 
Pourquoi ces métiers? J'ai envie de défendre les gens, ça peut paraître futile ou utopiste, mais j'espère réussir à faire avancer les choses à mon niveau! 
Comment je trouve la justice en ce moment? Bof, c'est pas génial! Mais j'espère réussir à lui redonner toute sa noblesse. Certes, je ne vais pas tout révolutionner je le sais bien mais j'espère contribuer à son amélioration."

Je lui demande de m'apprendre un truc sur ses études? 
"Hey, je suis en vacances tu n'as pas le droit de me parler des cours! (rires) 
Allez, le dernier truc que j'ai appris : le Taylorisme. C'est du travail à la chaîne, et c'est une manière de gérer la production au sein d'une entreprise : c'est inspiré du Fordisme. 
Une qualité pour faire E.S.? Je dirais qu'il faut être ouvert d'esprit, aimer la culture générale et en avoir. " 

Elle aime passer du temps avec ses amis - d'ailleurs elle les rejoint dans le centre ville-, sortir, faire la fête, passer du temps avec sa famille, faire les magasins : "Et l'équitation, c'est ma grande passion j'en fais depuis que j'ai 5 ans !" 

Elle n'aime pas les moqueries, les insultes, le machisme, les inégalités et l'injustice. 

Es-tu heureuse aujourd'hui? 
"Oui ! Pourquoi? Je suis en vacances et ça ça aide à être bien! (rires) Et puis je vais voir mes amis et mon copain, donc c'est cool." 

Une personne qui t'a marquée ou t'influence encore aujourd'hui? 
"Mon grand-père : Yannick. Il a fait tellement de choses bienveillantes dans sa vie qu'il est, pour moi, un modèle. Il faudrait tellement plus de personnes comme lui. Il m'a transmis des valeurs humaines, des principes, etc. ; et rien que pour ça je lui en suis reconnaissante." 

Le mot de la fin? 
"La France. Pourquoi citer ce pays ? Je ne sais pas, je trouve que c'est un beau pays et que l'on a de la chance par rapport à d'autres de vivre ici !"

Merci Julie d'avoir joué le jeu d'être mon inconnue : je sais que cela doit être compliqué de faire confiance à un inconnu, d'être photographiée et interviewée!


A.


Bonsoir à tous, 

J'ai pu prendre la place d'Allan suite à son concours. Je l'ai tout d'abord rejoint à un café où il était à son tour en train de se faire interviewer par des étudiants qui travaillent sur un sujet d'études : le blog de l'inconnu du tramway. L'interview avec les étudiants terminée, nous nous sommes donc mis à la recherche de notre inconnu.
Mais une question se posait  alors : quelle ligne choisir? Vu que je n'avais pas d'idée et que je ne savais pas tellement par où commencer, Allan m'a proposé de se diriger vers la ligne 3 et de s'arrêter à "Hôtel-Dieu".


C'est ici que j'ai fait la rencontre de Yliès qui attendait son tram. J'ai oublié de lui demander son âge (et oui je n'ai pas encore le talent d'un pro), il fallait que je me dépêche de l'interviewer car il descendait à l'arrêt 'Vincent Gâche'.

Je vous présente Yliès.

Il est étudiant en médecine, il est actuellement en troisième année et il souhaiterait se spécialiser dans la médecine du sport. Une vocation?
"Oui si l'on veut, il faut dire que mes parents sont médecins eux aussi, et je crois qu'ils m'ont influencé un peu! (rires) Mais moi, j'ai envie de me spécialiser dans la médecine du sport !" 

S'il devait choisir un sport, ce serait le foot car c'est aussi un supporter du Paris Saint-Germain.

Pour conclure cette interview j'ai demandé à Yliès le mot de la fin? 
"La vie mérite d'être vécue !"


Par rapport à mon ressenti, j'étais plutôt stressée et j'appréhendais le fait d'aborder une personne ; mais je voulais vraiment essayer et tenter de trouver mon inconnu moi aussi. J'ai tenté l'approche en oubliant quelques détails, comme par exemple demander s'il voulait bien que je le prenne en photo ; heureusement il a accepté par la suite quand Allan s'est invité dans notre rencontre. Je suis contente d'avoir tenté l'expérience et je me rends compte que ce n'est pas facile de trouver les questions à poser aux personnes.
Je remercie Allan pour cette expérience.



Julie qui m'a remplacé aujourd'hui !



Bonsoir à tous, 

Ce matin je suis allé à l'arrêt 'Chantiers Navals' et je dois dire que des refus, j'en ai pris ce matin à cette arrêt : pas loin de 10 en 25min, haha ! Alors que j'allais renoncer une jeune femme s'est mise à côté de moi sur le quai, je lève les yeux : 'prochain tramway 3 minutes ', je me lance. Elle accepte mais m'annonce ne pas très bien parler français et descendre dans 2 arrêts, mais après tant de refus, je ne fais pas le difficile et décide tenter une interview express.

Je vous présente Joana, 24 ans.

Joana est brésilienne : "Je suis ici pour les études, et en stage en même temps. Je suis étudiante en génie mécanique et c'est mon dernier jour aujourd'hui car je termine mon stage. Si je rentre au Brésil? Non, pas du tout, je pars continuer mes études en Asie."

Je lui demande de me parler de ses études, en quoi ça consiste? 
"On gère pas mal de procédures industrielles, on essaie d'apporter des améliorations afin d'avoir une meilleure capacité de moyens et de fabrication par exemple. Ce qu'il faut comme qualités pour faire mes études? Je dirais qu'il faut aimer jongler avec différents logiciels, aimer l'informatique et aimer les chiffres !" 

Elle aime aller au cinéma, cuisiner : "Mais j'aime surtout ne rien faire : glander! Ça fait du bien aussi de ne rien faire." (rires) 

Malheureusement on arrive à l'arrêt 'Commerce' et j'ai seulement le temps de lui poser ma dernière question : 

"Le mot de la fin? 
- Merci la France, c'était une chouette expérience maintenant je file vers de nouvelles aventures." (rires)

Merci Joana d'avoir accepté d'être mon inconnue du jour et bonne continuation en Asie.


A.





Bonsoir à tous, 

Ce matin, je descends à PIRMIL pour chercher l'inconnu du jour. Je viens juste de descendre du tramway et j'attends quelques instants... Il ne me faut plus de 30s pour me jeter sur le seul inconnu sur le quai à ce moment là !

Je vous présente Jean-Philippe, 50 ans.

Dans la vie Jean-Philippe est maçon : "30 ans que je fais ce métier et je l'aime toujours autant! Pourquoi? Alors oui, c'est un métier difficile, pourtant j'éprouve autant de passion à l'exercer car c'est tous les jours différent! La technique évolue tout le temps, les hommes évoluent aussi et changent, les outils et les matériaux eux aussi évoluent : c'est un métier dans lequel j'apprends encore tous les jours et ça me passionne. J'aime arriver tôt et m'occuper de l'arrivée des gars, préparer le café, allumer le chantier, c'est ce qui fait que je me lève tous les jours avec la banane! 
Une vocation? Non pas vraiment, à la base je voulais être militaire et puis la vie a fait que je me suis retrouvé à faire ce métier en attendant. Et j'ai rencontré un type qui m'a transmis l'amour du métier et maintenant ça fait 30 ans. (rires) Pourtant ce n'est pas facile tous les jours, mais c'est mieux maintenant! Les conditions de travail se sont améliorées, la salaire aussi mais malheureusement on fait une sale publicité aux métiers manuels du bâtiment ; résultat on n'a pas assez de jeunes à former pour transmettre notre savoir."

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier?
"Le linteau : c'est une structure en béton armé, bois ou métal qui permet de récupérer et répartir la charge du bâtiment.
Une qualité pour faire ce job? Je dirais être calme, aimer apprendre et la politesse." 

Il aime passer du temps avec son petit fils et la pêche : "J'aime pêcher le carnassier - le brochet ; et la pêche à pied l'été! Sur 15 jours de vacances j'y consacre au moins 2 jours rien que pour aller pêcher, c'est mon truc !" (rires)

Il n'aime pas les incivilités, le manque de respect, la carotte : "Et l'égoïsme! Malheureusement il y en a de plus en plus aujourd'hui, c'est bien triste." 

Es-tu heureux aujourd'hui? 
"Oui! Je suis tout les matins heureux quand je vais au travail. Je vais voir les potes, on discute, on rigole, on se charrie un peu avant d'aller sur le chantier et tout ça dans la bonne humeur. C'est inconcevable d'aller sur un chantier en faisant la gueule! 
Après, avec ma femme on découvre la vie à 2, ma fille a quitté la maison et c'est vide. On réapprend à vivre à 2 après avoir élevé notre fille... Une nouvelle vie s'ouvre à nous : ça fait bizarre." 

Tu me parlais d'un mec qui t'avait donné envie de faire ce métier, tu peux me parler de lui? 
"Dominique! Un mec extraordinaire, il m'a tout appris dans mon métier et sur moi-même... Il m'a tellement appris de choses personnellement et professionnellement, que je lui serai éternellement reconnaissant."

Le mot de la fin? 
"J'étais content de te rencontrer, je ne te connaissais pas et je dois avouer que ça fait du bien de parler à un inconnu dans le tramway." 

Jean-Philippe, tu ne le sais pas mais ce matin tu m'as redonné la motivation pour continuer mon blog. C'est donc à mon tour de te remercier !



A.





Bonsoir à tous, 

Ce matin j'étais à l'arrêt 'commerce' et j'attendais le tramway. Je laisse passer un tramway en direction de 'beaujoire' et j'aperçois un jeune homme plus loin sur le quai : il attend comme moi! En général, les gens qui ne prennent pas le premier tramway qui arrive ne vont ni à la gare, ni à 'haluchère' ; j'en déduis qu'il doit aller au terminus RANZAY. Je décide donc de l'aborder : il accepte! "Ah mais je connais l'inconnu du tramway, j'ai déjà vu des publications sur facebook." (rires) Bon, il s’avérera qu'il n'allait pas jusqu'au terminus mais bien à la gare : il était juste en avance et patientait sur le quai! 

Je vous présente Mattis, 17 ans.

Dans la vie Mattis est lycéen : "Je suis en 1ère S - section ABIBAC! C'est quoi ABIBAC? C'est donc une section qui permet de passer à la fois le baccalauréat de français et allemand qui s'appelle : l'abitur. Pourquoi cette filière? Et bien, je suis franco-allemand (ma maman est allemande) et comme j'aimerais aller étudier en Allemagne, et bien je prépare les deux diplômes à la fois. Ayant de la famille en Allemagne, je trouve ce pays et sa culture sympas, et je ne te parle pas des méthodes scolaire moins rigides qu'en France. On est pas là, à apprendre bêtement un truc, c'est plus participatif et on travaille beaucoup plus en groupe. Après, cette section existe aussi pour l'espagnol - ACHIBAC et l'italie - ESABAC !"

J'en profite pour lui demander ce qu'il souhaite faire plus tard? 
"Alors là aucune idée, j'ai du mal à me projeter pour le moment ; chaque chose en son temps." 

Pour une fois je n'ai même pas besoin de lui demander de m'apprendre un truc sur ses études, je viens déjà d'apprendre ce qu'est une section ABIBAC!

Il aime les séries TV - en ce moment il regarde la série : 3% et il aime jouer de la guitare électrique : "Je suis plutôt rock n' roll et metal, j'aime beaucoup MEGADETH !"

Il n'aime pas le navet et les gens qui manquent d'auto dérision. 

Es-tu heureux aujourd'hui? 
"Oui! Je suis en bonne santé, je n'ai pas de souci en particulier et aujourd'hui je vais à Paris pour la journée avec ma classe,  on va visiter les locaux de l'AFP (Agence France Presse) et Matignon." 

Une personne qui t'a marqué ou t'influence encore aujourd'hui? 
"Mon père : Bruno. Pourquoi lui? Il m'a ouvert musicalement et cinématographiquement : il m'a initié à la musique rock et metal !" 

Le mot de la fin? 
"Joie !" 

Merci Mattis et j'espère te recroiser un de ces jours dans le tramway, c'était super intéressant d'apprendre toutes ces choses sur tes études.


A.

Bonsoir à tous, 

Ce matin j'ai laissé passer quelques tramways avant de me jeter sur mon premier inconnu du jour, et oui c'est lundi matin pour moi aussi, j'ai du mal à me lancer! Et donc un jeune homme accepte mais m'explique qu'il ne parle pas très bien français donc cela l'arrange si on peut faire l'interview en anglais? Malgré mon anglais parfois approximatif : j'accepte !

Je vous présente Bah, 17 ans.

Dans la vie Bah est étudiant : "Je suis en apprentissage en plomberie, je travaille actuellement sur les chantiers navals de Saint-Nazaire, d'ailleurs je descends dans 2 arrêts. Pourquoi la plomberie? Et bien c'est une vocation, j'ai toujours souhaité faire ce métier, je trouve que c'est un métier utile et j'aime travailler avec mes mains." 

Il a beau me dire qu'il préfère faire l'interview en anglais, il parle très bien français avec un accent prononcé et je lui demande ses origines : "Je suis venu pour étudier en France, cela fait 2 ans que je suis ici : je suis originaire du Sierra Leone. Si ça a été dur mon arrivée en France? L'apprentissage de la langue française ça a été compliqué, mais ça va mieux." 

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier? 
"C'est dur de t'expliquer un truc, je vais te montrer." Il sort son téléphone portable et me montre une photo de ce qu'il fait en ce moment : une structure de WC, avec des tuyaux.

Il aime sortir avec ses amis et le football.

Il n'aime pas les menteurs, la trahison et la violence de manière générale.

Es-tu heureux aujourd'hui?
"Même si ma famille est loin de moi, oui je suis heureux. Je suis en France et je fais le boulot que j'aime." 

Le mot de la fin? 
"Go to work !"

Merci Bah, et j'espère que nous nous recroiserons prochainement dans le tramway !


A.


Bonsoir à tous,
Ce matin je suis allé faire tour tout au bout de la ligne 3, bien loin de ma ligne 1 que j’utilise tous les jours. Je crois que c’est la deuxième fois en 3 ans et demi que je me rends au terminus de la ligne 3! Je laisse un tramway partir et j’attends quelques instants avant d’aborder le seul inconnu qui est sur le quai avec moi !

Je vous présente Hédi, 33 ans.

Dans la vie Hédi est déménageur : "Cela fait 12 ans que je fais ce boulot! Si j’aime ce que je fais? Oui ça va, il y a pire comme taf, j’aime mon travail mais c’est bosser pour des grands groupes qui est compliqué. Non pas que ce ne soit pas une bonne entreprise, c’est juste que plus l’entreprise est grande plus tu perds l'aspect entreprise familiale... enfin c’est mon avis! Pourquoi ce job? J’aime les boulots de bourrins (rires), les boulots physiques : car le soir quand tu rentres chez toi et bien tu dors super bien! (rires)
Ce job est arrivé un peu par hasard, à la base j’avais fait des études dans l’ostréiculture. Par passion? Non, pas du tout, lorsque j’ai vu un conseiller d’orientation il m’a dit : "tu aimes la pêche, la mer, la nature : ostréiculteur c’est fait pour toi !" (rires) J’ai fait ça 2 ans et après j’ai arrêté parce qu’à Nantes? bah les parcs à huîtres ça courT pas les rues!"  (rires)

Je lui demande de m’apprendre un truc sur son métier?
"Le dévers : c’est une expression de montagne que l’on utilise dans le jargon de déménageur. Dans une pente, on est 2 pour porter un truc lourd, celui devant porte la charge et celui derrière empêche que celle-ci ne bascule. Le dévers est le mouvement que fait l’objet de gauche à droite et qui pourrait faire tomber le mec qui est devant et qui porte. Une qualité pour être un bon déménageur? La patience. La patience avec les clients, avec les gens qui habitent l’immeuble et que ça fait chier qu’il y ait un déménagement, parce que tu monopolises les escaliers ; la patience pour démonter ou remonter un foutu meuble ikéa, etc."  (rires)

Il aime faire la fête, boire des coups avec les copains : "Mais ma grande passion c’est la pêche à la ligne. Depuis que je suis gosse je suis un mordu de pêche : c’est mon exutoire. J’aime beaucoup pêcher dans la Sèvre, il y a des coins super sympas."

Il n’aime pas les pâtisseries et la montée du FN : "Ça ne présage rien de bon le FN qui monte !"

Es-tu heureux aujourd’hui ?
"Oui, je relativise à fond parce que ça pourrait être bien pire demain !"

Une personne qui t’a marqué ou t’influence encore maintenant?
"Un prof d’écologie : Je crois qu'il s'appelait M.Gwentaz. Un mec bien engagé, un peu extrême parfois dans son rapport à l’écologie et sur l’indépendance de la Bretagne : un sacré bonhomme !"

Le mot de la fin?
"Bonne route à toi !" 

Merci à toi Hédi et peut-être à une prochaine dans le tramway, et bon weekend à tous.

A.




Bonsoir à tous,
Ce matin je suis retourné dans le tramway et j’ai jeté mon dévolu à un arrêt assez loin de ceux que je prends habituellement : Recteur Schmitt au fin fond de la ligne 2. Et ça a marché du premier coup !
Je vous présente Christophe, 25 ans.

Dans la vie Christophe est étudiant : «Je suis en 2ème année de STAPS, c’est du sport mais au sens très très large. Pourquoi cette filière? J’ai pris conscience il y a quelques années que le sport pouvait améliorer la santé des gens et allier à la fois corps humain, physiologie et longévité ; et tout cela me motive dans mes choix. Une vocation? Pas vraiment, c’est juste une prise de conscience comme je te le disais. A la base je voulais être militaire, et ce depuis l’âge de 12 ans. J’étais fan, comme tout gosse, des films d’action et des Etats Unis ; mais j’ai vite pris conscience de l’envers du décor et que tout n’était pas aussi rose qu’on nous le montrait. Donc prendre soin des gens via le sport me parait plus utile à mon goût! Mais j’aime toujours l’armée : je suis réserviste.»

Je lui demande de me parler de ses études et surtout de m’apprendre un truc sur sa fonction de réserviste?
«Après avoir fait STAPS, 2 choix s’offriront à moi : je pourrai être coach sportif ou alors faire de la recherche/doctorat et donc finir par enseigner. Et pour moi, cette filière est la plus diversifiée de la FAC car on fait de la sociologie, de l’histoire, de l’anatomie, de la physiologie, de la psychologie, de la bio-mécanique, du droit, et du sport mais sous différents formes et différentes disciplines : c’est complet ! (rires)
Pour ce qui est de ma fonction de réserviste et bien c’est du volontariat. Je suis en formation militaire tous les mois pendant 4 jours minimum et je suis envoyé sur des missions simples ou complexes. Je me sens utile pour les autres, je donne toutes mes vacances à mes missions de réserviste : c’est une vraie passion.
S’il faut être patriote pour être réserviste? Oulala, pas du tout, en tout cas pas pour moi! D’ailleurs, les formateurs dans l’armée en ont marre d’entendre les jeunes réservistes arriver en disant : je veux défendre le drapeau français ! (rires) Moi je ne défends pas une nation ou des frontières mais des individus quels qu’ils soient!»

Il aime sa fonction de réserviste bien évidement, mais aussi le cinéma et les jeux vidéo – son jeu préféré : DEUS EX.

Il n’aime pas les endives, les a priori et préjugés, le manque de politesse : «Mais surtout l’absence de connexion entre les gens : on peut parler de façon instantanée sur son smartphone à un mec en Chine mais on est incapable d’aborder le mec en face de nous !»

Es-tu heureux aujourd’hui ?
«Oui! Pourquoi? Je viens de faire ta connaissance et je suis content de rencontrer quelqu’un qui pense comme moi, même si je serais incapable de faire ce que tu fais !» (rires)

Une personne qui t’a marqué ou t’influence encore aujourd’hui?
«Olivier LAFAY! C’est un auteur qui, à la base, faisait des bouquins sur la musculation, mais qui a réussi à apporter une réflexion personnelle sur le corps humain : ça va au-delà de la méthode classique.»

Le mot de la fin?
«MERCI !»


Merci à toi Christophe et j’espère que nous nous recroiserons un de ces jours dans le tramway !



A.

Bonsoir à tous, 

Ce matin j'avais du temps et je me suis dit que j'avais envie d'aller me balader ailleurs que dans le tramway, je suis donc allé sur une ligne de chronobus choisie au hasard : la ligne C1. J'attends à l'arrêt de bus et je commence à observer, les gens à l'arrêt de tramway. Je ne suis pas pressé j'ai du temps pour choisir ma future proie, hahaha ! 

Je vous présente Marï-Am Demba, bientôt 40 ans.

Elle m'expliquera plus tard la signification de son prénom qui est un prénom composé de tradition peuls : "Chez nous, on nous donne un prénom et on rajoute celui du père pour en faire un prénom composé. Les peuls sont une ethnie nomade d'origine égyptienne." 

Dans la vie Marï-Am Demba travaille dans l'accompagnement de jeunes migrants : "Je suis une tisseuse de liens! On s'occupe de jeunes migrants qui viennent d'arriver sur le sol français, on dialogue beaucoup avec eux, mais aussi avec des jeunes dans les quartiers. Le but étant très simple : leur apprendre à vivre ensemble et les aider dans leur vie de tous les jours. Si j'aime ce que je fais? C'est littéralement une vocation! Dans ma tribu, on a tous un rôle dès notre naissance et le mien a toujours été d'aider les autres, que ce soit dans la vie de tous les jours ou auprès de mes proches. 
J'interviens aussi dans des établissements scolaires afin de parler de l'Afrique, comment c'était avant, l'esclavagisme, etc. Toujours dans l'idée de créer du lien et du dialogue! 
Une qualité pour être une bonne tisseuse de liens? 
Il faut se sentir responsable de l'autre et l'amener à ce qu'il se sente responsable de moi. Je dis toujours que la liberté ce n'est pas l'autoriser mais se permettre de l'avoir."

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier? 
"Un truc que je dis tout le temps dans les établissements scolaires aux jeunes : Le terme noir pour désigner une personne de couleur a été inventé par l'occident. On ne s'est jamais dit que nous étions noirs, mais nous sommes kémite : ça ne désigne pas seulement une couleur de peau mais aussi un état d'esprit." 

Marï-Am Demba aime faire de la photo, la danse, écrire et écouter les gens parler. 

Elle n'aime pas les clichés, l'hypocrisie et le mensonge : "Je ne peux pas mentir pour du matériel mais pour du superficiel... Par contre je pourrais mentir si c'est pour sauver quelqu'un! L'Homme avec un grand H me fascine par sa complexité et me dégoûte en même temps. Quand tu vois que l'on empêche les gens de circuler et de vivre librement : ça me révolte." 

Es-tu heureuse aujourd'hui? 
"Oui très! Je suis tout le temps heureuse, je vis le bonheur immédiat, car même si hier ça n'allait pas, et bien c'est du passé : aujourd'hui est un autre jour et il sera meilleur que celui d'hier. " (rires)

Une personne qui t'a marquée ou t'influence encore aujourd'hui? 
"Mon père : Demba! Bah oui je porte le prénom de mon père. (rires)
Pourquoi lui? Parce que c'est un grand sage peul. C'est un grand timide de 80 ans qui mesure 2 mètres et qui s'est ouvert aux autres toute sa vie. Il dit toujours qu'il n'a jamais subi le racisme de toute sa vie, pas une fois, mais qu'aujourd'hui il est inquiet pour l'avenir de ses petits enfants. Et je fais tout aujourd'hui pour qu'il ne soit pas inquiet pour nous!"

Le mot de la fin? 
"Merci tout simplement." 

Marï-Am Demba, j'ai adoré discuter avec toi, et finir ton interview en marchant quelques minutes, c'était passionnant! Ce soir c'est moi qui te remercie, j'espère que l'on se recroisera. 


A.