Pierre

by 4/06/2017 0 commentaires

Bonsoir à tous, 

Après quelques refus, j'ai attendu sur le quai du tramway de l'arrêt 'Gare SNCF' et j'ai abordé un homme qui passait devant moi : "J'ai eu une nuit courte, j'ai encore des effluves de ma soirée d'hier soir, j'ai la tête dans le cul, mais ok j'accepte !" (rires)

Je vous présente Pierre, 44 ans.

Dans la vie Pierre est barman : "Je suis barman par choix ! Pourquoi par choix ? Parce que je croise de nombreuses personnes qui sont barmen parce qu'ils ne savent rien faire d'autre et qu'on leur dit que barman tout le monde peut le faire. Moi, j'ai décidé de faire ce job et même si ça paie mal et bien cela fait 7 ans que je suis content d'aller au travail ! J'ai choisi de travailler dans un lieu de vie, ce genre de lieu qui manque de plus en plus aujourd'hui. 
Ce que je faisais avant ? Responsable marketing pour une grande entreprise et un jour j'en ai eu marre ! J'ai dû m'absenter en urgence pour raisons personnelles et à mon retour j'ai eu des menaces comme quoi je mettais la société en péril par cette absence. C'est à ce moment-là que j'ai su que je ne voulais pas ressembler à cet enculé, j'ai donc démissionné. Et je suis parti faire de l'humanitaire avec les associations dont je m'occupais." 

Apprends-moi un truc sur ton métier ? 
"J'aime profondément servir et encadrer ce joyeux bordel ! Je n'aime pas spécialement l'humain en lui même, le relationnel, etc. Mais j'aime que le client soit bien servi !"

Il aime la nature et me battre contre les injustices : "Je ne me bats pas pour moi, mais pour les autres, que ce soit au sens propre comme au sens figuré. Si un con s'en prend à un personne en difficulté ou quelqu'un qui ne peut pas se défendre, et bien j'y vais, je lui rentre dedans. Et j'avoue que je suis plutôt bon dans ce domaine." (rires)

Il n'aime pas : "La liste des choses que je n'aime pas est longue, mais si je devais en citer quelques-unes je dirais la frustration et le braconnage. Le fait de tuer des animaux ça me révolte ! Etant petit, j'ai appris que dans certains pays on tuait les braconniers, et j'avoue que cette idée me plaisait : tuer l'homme pour protéger des animaux sans défense. Oui, je crois que j'étais un peu psychopathe plus jeune ! (rires)

Tu me parlais de tes associations, dis-m'en plus ? 
"Après avoir quitté mon poste de responsable marketing avec un peu d'argent, je suis parti faire de l'humanitaire au Darfour et au Tchad. Et déjà avant, j'ai toujours été bénévole dans des asso ! Et même si aujourd'hui j'ai moins de temps, j'essaie d'être un peu disponible dans 2 associations nantaises : T'CAP & Bolivia Inti.
T'CAP c'est pour aider des personnes handicapés, et c'est un vrai bonheur car je n'aime pas trop l'Homme avec un grand H, mais alors eux, ils sont géniaux : il n'y a pas plus vrai, il n'y a pas de mensonges avec eux, ils sont tout le temps joyeux. 
Et Bolivia Inti c'est pour l'humanitaire et installer des fours solaires à l'étranger." 

Es-tu heureux aujourd'hui ? 
"Même si mes choix personnels et professionnels m'ont coûté cher, oui, je suis heureux. Si tu rajoutes la belle nuit d'amour que je viens de passer, tout va bien !" (rires)

Une personne qui t'a marqué ou t'influence encore aujourd'hui ? 
"Sans hésiter : Robert Chiron. 
C'est un mec que j'ai rencontré lors de missions humanitaires avec Bolivia inti. Ce mec était mon alter ego, mais plus vieux. Robert c'était un mec lumineux, plein de vie, je l'ai rencontré il y a 15 ans : c'était mon frère, mon père spirituel. Franchement, sa perte à été très dure pour moi, je pense souvent à lui." 

Le mot de la fin ? 
"A bientôt et passe boire un verre un de ces jours." 


Merci Pierre pour cette discussion sur le quai du tramway et pour ta bonne humeur, au plaisir de me faire servir par toi.


A.