François-Xavier

by 4/25/2017 0 commentaires

Bonsoir à tous, 

Après une superbe journée à Paris pour un vernissage au sein d'un batiment de la Société Générale hier, je suis reparti à la chasse à l'inconnu. Et j'ai décidé de m'arrêter et d'attendre à l'arrêt 'PIRMIL' : je patiente quelques instants quand un cycliste arrive sur le quai et attend un tramway. 

Je vous présente François-Xavier, 35 ans.


Dans la vie François-Xavier est en reconversion professionnelle : " Je me forme actuellement dans le maraîchage bio, car avant j'étais ingénieur dans la pisciculture mais pour des grands industriels. Pourquoi changer ? J'avais besoin de retrouver du sens dans mon travail c'est pourquoi je me lance dans ce projet. Tu sais, quand tu bosses pour l'industrie, que tu as des fermes de production, tu traites du volume plutôt que de la qualité... et bien je perdais en cohérence vis à vis de mes valeurs. Alors certes, j'y trouvais mon intérêt, je ne le cache pas : j'avais la sécurité de l'emploi, un bon salaire, etc.
J'ai mis du temps à construire mon projet, on fait des concessions, c'est un métier difficile mais j'avais besoin de le faire. C'est pour évident d'avoir cette éthique sociale et environnementale et ce, même si mon niveau de vie va baisser : j'ai besoin de le faire car sinon on va droit dans le mur ! 
Pourquoi droit dans le mur ? Et bien parce que la société nous a habitués à avoir tout, tout de suite, sans penser à l'environnement : on ne sait plus attendre les saisons. Mais ça ne marche pas comme ça la nature. "

Je lui demande de m'apprendre un truc sur son métier de maraîcher ? 
" La problématique de la saisonnalité des légumes : c'est comme je te le disais juste avant, accepter qu'il y a des saisons et que l'on ne peut pas avoir tout, tout le temps. En ce moment nous sommes entre deux saisons, c'est donc accepter qu'il faille attendre un peu. Alors certes, il existe des méthodes qui permettent d'éviter ça, via des serres ou autres choses. Mais pour moi, ça ne fonctionne pas comme ça ! 
Une qualité ? De la patience et savoir observer : c'est la clé du métier ! Il faut savoir observer la terre qui peut être différente d'un endroit à un autre, prendre en compte les micro climats, les différentes variations, les variétés, etc. Ce n'est pas que planter bêtement, il faut bien connaitre ses terres et ce que l'on souhaite y faire car ça ne marche pas toujours. " 

Il aime : " Alors bon, là je suis en plein dans mon projet donc je n'ai pas beaucoup de temps mais j'aime bien lire, m'informer, réfléchir, la pêche, les balades en vélo et m'occuper de mon jardin bien évidemment. Je fais aussi parti d'une association qui promeut tout ça : ECOS. " 

Il n'aime pas : " Je n'aime pas penser à court terme, j'ai besoin de me projeter sur le long terme. Je n'aime pas cette logique du 21ème siècle qui est la compéttion à tout prix alors qu'il vaudrait mieux de la coopération qui, à mon avis, aurait plus de sens. " 

Es-tu heureux aujourd'hui ? 
" J'essaye ! Pourquoi ? Parce que même si je suis assez pessimiste sur ce qu'on laisse à nos enfants, et bien j'essaie à mon petit niveau réussir à faire un truc positif ; et ça je dois dire que ça me plait bien ! " 

Le mot de la fin ? 
" Merci d'avoir ce type de démarche. " 


Merci à toi François-Xavier et j'espère à une prochaine dans le tramway.


A.