Gaël

by 3/10/2017 0 commentaires


Bonsoir à tous,

Ce matin, je suis allé me promener tout au bout de la ligne 1 au terminus ‘JAMET’. J’ai rarement le temps d’aller sur d’autres lignes ou aux terminus et de changer, alors quand j’ai le temps j’essaie de varier.

A mon arrivée sur le quai, j’ai 2 possibilités : un groupe de 3 jeunes hommes ou un homme seul en train de fixer le tableau d’affichage. Le tramway arrive, je monte et m’assieds à son niveau dans le tramway, je l’aborde : il accepte ! «Je crois que ton visage ne m’était pas inconnu, que ton projet j’en ai déjà entendu parler et j’adhère à ce que tu fais !»

Je vous présente Gaël, 39 ans.

Dans la vie Gaël est chef de projet : « Je travaille dans le milieu bancaire : c’est un poste à cheval entre l’informatique et les utilisateurs, mon rôle est de faire en sorte que ces 2 mondes si différents arrivent à se comprendre… Et ce n’est pas toujours simple. (rires)
J’aime mon boulot ; même si le monde bancaire peut parfois peser par rapport à mes valeurs, mes convictions, etc. Mais mon job de chef de projet je l’adore ! Pourquoi ? Parce que j’aime les rencontres avec les gens et que chef de projet cela passe forcement par du relationnel et des rencontres.
Si c’est une vocation ? Non, pas vraiment, c’est arrivé par hasard. A la base j’avais fait des études comptables et financières, mais comme je me faisais chier j’ai cherché à changer de voie. Et j’ai découvert ce job, qui me permettait de changer les choses à ma façon, d’automatiser et de faire en sorte que l’on arrête de faire des tâches sans plus-values, alors qu’on peut le faire automatiquement. Je n’étais pas prédestiné à faire ça mais j’y trouve mon compte aujourd’hui ! »

Je lui demande de m’apprendre un truc sur son métier ?
« La méthode AGILE : c’est ce que l’on devrait faire normalement, mais qu’on a été obligés d’intégrer dans des processus aux noms douteux comme l’agilité, la méthode SCRUM, etc. (rires) comme rendre un projet en temps et en heure, montrer la plus value de notre service, répartir les tâches entre les différentes personnes, communiquer d’avantages, etc. Tout ça parait évident mais dans le monde de l’entreprise ce n’est pas toujours le cas ! 
Et puis la gestion de projet, c’est aussi donner des conseils avec toutes ces méthodes : ça rassure les clients, les employeurs, on valorise notre travail au travers de ces nouvelles méthodes.
Une qualité ? S’exprimer, suppléer et avoir de l’aisance dans le relationnel. »

Il aime le sport –basket et footing- , l’informatique, les jeux vidéo – il attend que toute la famille dorme pour s’adonner à ses jeux préférés : « Et bien évidemment ma femme et mes 2 enfants ! »

Il n’aime pas l’hypocrisie, la démagogie : « Et c’est bien actuel l’hypocrisie et la démagogie… On vit une sale période en ce moment ! »

Es-tu heureux aujourd’hui ?
« Oui ! Pourquoi ? Parce que je trouve que parler avec un inconnu ça égaye les transports, le trajet passe plus vite ! Je pense aussi que ne pas avoir de transports sous terre comme le métro, ça évite de trop se renfermer. J’ai vécu à Paris et je sais de quoi je parle ! »

Une personne qui t’a marqué ou t’influence encore aujourd’hui ?
« Mon père : Michel.
Pourquoi lui ? Parce qu’il était d’un milieu très agricole et qu’il a su dire non pour ne pas reprendre l’exploitation, et partir tenter sa chance à Paris. Je trouve que c’est un bel exemple de courage que de refuser de suivre la voie de ses parents. En plus il avait un CAP/BEP industriel et aujourd’hui il travaille dans le social : il est un exemple pour moi. »

Le mot de la fin ?
« Mais où allons nous !? Quand je dis ‘nous’ c’est de manière générale, de manière sociétale… On va peut-être droit dans le mur ?? » (rires)

Merci Gaël et à un de ces jours dans le tramway peut-être, je reviens lundi pour un nouvel inconnu du tramway.



A.