Antoine

by 6/09/2017 0 commentaires






Bonsoir à tous,


Ce matin je suis allé me balader sur la ligne 2 et j’ai jeté mon dévolu sur le terminus de la ligne 2 : Pont-Rousseau.  J’aperçois un homme monter dans le tramway, ses lunettes de soleil blanches attirent mon regard et je décide donc de m’asseoir en face de lui et de l’aborder : il accepte !

Je vous présente Antoine, 34 ans.

Dans la vie Antoine est urbaniste :
« En quoi ça consiste, être urbaniste ? C’est penser à ce que sera la ville de demain et comment on peut s’approprier cette même ville. On bosse avec les équipes qui construisent les quartiers/immeubles et on essaye de faire en sorte qu’ils respectent les cahiers des charges établis. Je bosse à la direction stratégique et on travaille sur différents projets dans le but de capter la pulsation de l’endroit où l’on va construire. Aujourd’hui, on ne construit plus bêtement,  on essaie de voir comment les espaces et l’environnement dans lequel on s’implante peuvent être appropriés via différents facteurs tels que l’associatif, le type d’habitat, etc.
Bon je te dis ça comme ça d’un œil expérimenté, mais je viens de commencer : c’est mon deuxième jour ! (rires)
Ce que je faisais avant ? Je travaillais sur différents projets comme la conciergerie en face du parc des chantiers, ce sont des espaces de co-working, j’ai fait ça pendant 4 ans et je me suis retrouvé au chômage. »

Je lui demande de m’apprendre un truc sur son métier ?
« Mon intitulé de poste : responsable de l’innovation sociale. Je vais taffer sur l’art du lien social à travers la construction via différents facteurs, différentes échelles, différents projets tels que créer une bibliothèque partagée dans le hall de l’immeuble, créer une terrasse pour les enfants sur le toit de l’immeuble, etc.
Une qualité pour faire mon job ? La curiosité. La curiosité dans la ville, la curiosité des pensées, la curiosité technique et sociale, etc. »

Il aime les rencontres, passer du temps avec ses filles – 2 et 4 ans : «  Et j’aimerais plus tard devenir vigneron ! Pendant mon chômage je me suis remis en question sur quoi faire, vers quoi m’orienter et depuis que je suis à Nantes, dans cette région forte en viticulture, j’ai tout de suite voulu m’intéresser à ce produit qui, avec modération, m’avait fait du bien. J’ai donc suivi des formations, rencontré des viticulteurs qui faisaient du bio et ils m’ont fait aimer plus encore ce métier. J’ai pour projet de trouver un local, une presse, etc., et faire mon propre vin pour mon propre plaisir.
Sinon j’ai aussi fait du frisbee de rue : encore une fois dans l’idée de comment on s’approprie la ville et la rue au travers du frisbee, en faisant des ricochets sur les murs, les poubelles, au dessus des rues et des passants… c’était vraiment fun ! »

Il n’aime pas la bêtise, la paresse intellectuelle, l’isolement des personnes : «  Et la perte de quête de liberté, que l’on prenne tout pour acquis maintenant sans prendre de risque, sans vouloir sortir de sa zone de confort ! »

Es-tu heureux aujourd’hui ?
« Il m’aura fallu du temps mais oui, je crois que je suis heureux aujourd’hui ! Pourquoi ? Parce que je n’ai plus besoin de prouver qui je suis. »

Une personne qui t’a marqué ou t’influence encore aujourd’hui ?
«  Ma femme : Diane. Pourquoi elle ? Parce que j’ai tout de suite vu dans ses yeux l’homme que je pourrais devenir et je ne la remercierai jamais assez. »

Le mot de la fin ?
« Les hommes ont 2 vies, la seconde commence lorsqu’ils comprennent qu’ils n’en ont qu’une ! »

Merci à toi Antoine, j’espère que l’on va pouvoir échanger rapidement sur cette personne de « l’inconnu du métro » que tu connais, car malheureusement le nom que tu m’as donné ce matin n’est pas celui de celle que je cherche. Je l’ai contactée après notre rencontre et elle m’a malheureusement annoncé que ce n’était pas elle.


A.