Kaelig

by 9/26/2016 0 commentaires

Bonsoir à tous, 

Pour une fois je suis du 'soir' au boulot et donc je n'ai pas besoin de prendre le tramway à 6h du matin. Du coup j'ai envie cette semaine de flâner sur d'autres lignes de transports, et c'est comme ça que j'ai décidé ce matin d'aller sur la ligne du Busway. Et c'est au terminus 'Porte de Vertou' que j'aperçois un barbu vêtu d'un chapeau et une canne à la main.

Je vous présente Kaelig, 48 ans.

Dans la vie Kaelig a 2 métiers : "J'ai deux boulots à mi-temps! Je suis éducateur dans un établissement pour adultes handicapés et luthier. Le premier je l'exerce depuis 13 ans, le second depuis 25 ans! Être luthier c'est avant tout une passion, et je compte, à terme, vivre de cette passion car si tout se passe bien prochainement je serai luthier à plein temps! Aujourd'hui, c'est compliqué de vivre de sa passion j'aurais mis à peu près 25 ans pour le faire. Je suis près du but, surtout que je suis un luthier un peu spécial." 

Apprends-moi un truc sur ce fameux métier de luthier : "Ma spécialité c'est la harpe africaine : le kora. J'ai été luthier guitare & violon, puis un jour j'ai découvert la musique africaine et je suis tombé amoureux de cet instrument : 'LA REVELATION!' J'ai donc commencé par en acheter une comme ça dans un marché aux puces, puis petit à petit j'ai fini par faire la mienne. C'est devenu tellement ma spécialité que des grands maîtres de pays d'Afrique viennent se fournir chez moi en Kora ; c'est dingue et c'est pour moi une consécration que ce savoir-faire me soit reconnu.
Sinon je vais te parler du métier en lui-même : 1 instrument qui sonne, c'est un instrument au bord de la rupture. C'est la chose la plus complexe en lutherie : trouver le bon compromis entre épaisseur et solidité afin d'avoir le son parfait, et s'il sonne c'est que c'est bien de trop fin et que ça risque de casser à un moment." 

Il aime la lecture, la musique, l'aïkido et voyager : "J'ai prévu d'ailleurs d'aller au Maroc prochainement et je dois aller au Mali voir des grands Maîtres aussi cette année, si tout se passe bien."

Il n'aime pas la bêtise humaine, les préjugés, les gens qui s'occupent de la vie des autres, les abats/la cervelle : "Et je déteste la betterave, je trouve que ça a un goût de terre!" (rires)

Es-tu heureux aujourd'hui ? 
"Oui, ça va! Je fais des jobs qui me plaisent, même si -tu l'imagines bien- travailler avec des adultes handicapés ce n'est pas toujours simple. J'ai une copine, des enfants, mes projets pro et perso se mettent en place. Et puis être heureux c'est moins fatigant : moi qui suis d'humeur joviale, je pense qu'en étant heureux on se tracasse moins et on profite plus de la vie."

Une personne qui t'a marqué ou t'influence encore?
"Un maître percussionniste africain qui m'a formé de façon intensive pendant 5 ans. Je l'ai perdu de vue depuis quelques années et je pense à lui chaque fois que je joue de la Kora. Il s'appelle Modou Gueye, mais au Mali s'appeler comme ça c'est comme s'appeler MARTIN ou DURAND en France." (rires)

Le mot de la fin?
"Je suis content de t'avoir rencontré aujourd'hui, ça change. Je vais rentrer dans ma Picardie mais si tu as le temps on se boit un café ?" 

Merci Kaelig pour ta bonne humeur! C'est sur ce mot de la fin que je me suis retrouvé en terrasse d'un café à discuter avec un inconnu pendant près de 45 minutes. Malheureusement, je devais aller au travail!

J'espère que tu es bien rentré et peut-être à une prochaine fois si tu reviens sur Nantes, on se refera un café en terrasse.


A.


0 commentaires:

Enregistrer un commentaire